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« Il a lui-même cassé un pied de son tabouret et maintenant, il se débat pour le réparer ». C’est ainsi que ce ponte du RHDP avec qui nous avions eu un échange fraternel, ce samedi 2 mai, imageait la situation actuelle d’Albert Toikeusse Mabri au sein du parti lancé par le président Alassane Ouattara. On se rappelle que dans le cadre de la mise en œuvre de certaines résolutions de la création de ce parti, le président de l’UDPCI s’était opposé à la façon dont Amadou Gon Coulibaly est devenu le dauphin putatif d’Alassane Ouattara, en tant que candidat du RHDP à l’élection présidentielle de 2020. Depuis, tombé en disgrâce auprès de ses camarades de la majorité présidentielle, il se raconte que le président de l’UDPCI se serait mis en tête de « réparer son erreur ». Mais rien n’est encore gagné si l’on en croit la lenteur des discussions que l’homme aurait entamées depuis avec la haute direction du parti. Il se sera mis de facto de par son attitude de défiance, en danger.

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Albert Mabri Toikeusse : “Ne prenons pas des engagements…”

Le 12 mars 2020, après la désignation d’Amadou Gon Coulibaly lors du Conseil politique du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), en tant que successeur du président Alassane Ouattara, Albert Toikeusse Mabri s’était prononcé publiquement contre le jeu trouble de ses camarades dans l’alliance qu’ils formaient au sein du RHDP. “Ne prenons pas des engagements en une heure de temps dans une salle, qui par la suite, ne refléteront pas la réalité sur le terrain” , déclarait alors le 2e Vice-président du parti. Par la suite, en écho au président Mabri, d’autres voix au sein de son parti s’étaient élevées pour réclamer ouvertement la candidature de leur champion à la présidentielle d’octobre prochain. Un « désordre » que le président Alassane Ouattara aurait très modérément apprécié, lui qui tient à un climat d’union  et de synergie de son parti à l’approche des élections. Résultat, le Président de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) est perçu par ses camarades du parti présidentiel comme “un rebelle”. Mais pas que.

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Albert Mabri Toikeusse-Marcel Amon Tanoh : Destins liés ?

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Dans l’incapacité de le virer ouvertement, certains caciques du parti espèrent que la tension installée et la guerre ouvertement déclarée contre ses proches dans les différentes administrations du pays poussent le président de l’UDPCI à démissionner. “Ce qu’il lui manque, c’est le courage de partir de lui-même, parce que personne ne le retiendrait. Marcel Amon-Tanoh [alors ministre des Affaires étrangères] l’a fait, et il en sait quelque chose”, laisse fuser notre interlocuteur. De ce qui retient ou empêche encore Mabri Toikeusse Mabri de franchir le pas, l’on n’en sait pas grand-chose. Pour le ministre Amédé Koffi Kouakou qui a évoqué les tractations relativement à la lettre de renvoi de l’Honorable Famoussa Coulibaly, Mabri Toikeusse fonderait beaucoup d’espoir sur les discussions en cours. «Nous savons par ailleurs que le président de votre parti, l’UDPCI, est en négociation avec la haute direction du RHDP. Nous souhaitons une issue heureuse très rapidement », avait écrit le Coordinateur régional du Loh-Djiboua. En attendant, des fidèles partisans du président de l’UDPCI dont Famoussa Coulibaly, Evelyn Kpon et Jean Blé Guirao, ont été virés du RHDP par le Directeur exécutif, Adama Bictogo. Les jours prochains devraient situer sur l’issue de ces tractations avec le RHDP.