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C’était censé être le générique de fin du feuilleton de la discorde entre le président de l’UDPCI, Mabri Toikeusse, et ses camarades du RHDP. Mais la musique semble annoncer d’autres épisodes avec autant de suspens…Perçu comme un simple jeu de chaise politique, l’entrée dans le gouvernement RHDP d’Albert Flindé ne serait pas fortuite. En tout cas, « pour qui suit un peu comment Alassane Ouattara a opéré durant ces dix dernières années, M. Flindé n’a pas été choisi au hasard », croit savoir ce cadre du PDCI à l’occasion d’un échange informel sur la question. Pour notre interlocuteur, “à présent qu’ils l’ont bouté hors du système, le plus grand combat de Mabri sera de pouvoir garder la main sur son parti, l’UDPCI. C’est à ce jour l’agenda secret d’Albert Mabri Toikeusse. Et ce combat, il va le mener âprement. Surtout que de l’autre côté, avec son entrée au gouvernement, Albert Flindé, son grand rival pour le contrôle de l’UDPCI, va recevoir tous les moyens pour le combattre et lui arracher le parti. Voici ce, à quoi répond son entrée au gouvernement à cinq mois de l’élection présidentielle”, développe l’homme.

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Albert Mabri Toikeusse

Dans le milieu politique ivoirien, il n’y a pas qu’au PDCI que l’on a cette vision de la sortie d’un Albert [Mabri] au profit d’un autre Albert [Flindé] au gouvernement RHDP. Du FPI [branche Gbagbo] au MFA [branche Anaky Kobenan] en passant par l’UDPCI, même si la plupart des cadres interrogés jouent la carte du devoir de réserve, on s’accorde à dire que « le RHDP n’en a pas fini avec Mabri.». Curieuse coïncidence, ce cadre du RHDP qui confiait dans nos colonnes quelques semaines avant le limogeage du président de l’UDPCI que « Mabri a lui-même cassé un pied de son tabouret et tente de le retaper, mais c’est vain », semble soutenir cette vision. « A 5 mois de l’élection présidentielle, nous savons qui sont nos alliés. Et Mabri n’en fait plus partie. Alors, il doit s’attendre à ce que nous le combattions. Avec des armes démocratiques, bien entendu, mais nous le combattrons, ça, c’est clair pour nous tous », assène-t-il. Quid de ce que Mabri garde toujours le poste de 2è Vice-président du RHDP ? « C’est la même logique. S’il n’a pas le courage de démissionner de lui-même, nous allons appliquer les textes du parti. C’est juste une question de temps… Et de choix » avertit-il.

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Mabri Toikeusse et l’UDPCI affaiblis, comme l’ont été d’autres partis auparavant

Pour les tenants de la thèse du complot, depuis 2011, Alassane Ouattara aurait lancé des opérations d’achat sur les partis politiques incontournables et populaires en Côte d’Ivoire. Au FPI, avec le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Haye, les cadres restés fidèles à l’ex-président avec à leur tête Koné Katinan et autres Assoa Adou sont catégoriques : « Alassane Ouattara a tenté de casser le parti en s’alliant à Affi N’Guessan. Un opposant taillé sur mesure pour l’accompagner dans sa politique bancale depuis avril 2011 », soulignent les derniers lieutenants de la galaxie Gbagbo. Qui pointent l’emprisonnement des cadres les plus illustres du parti comme la suite logique du « complot ». Dans le sillage du FPI, les partis comme le PIT, le MFA, l’AIRD et autres… ont également traversé des zones de turbulences sans précédent. De nombreux cadres de ces partis ont été débauchés pour soutenir la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle d’octobre 2015.

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Avec l’éviction d’Albert Mabri Toikeusse du gouvernement, l’UDPCI sera fortement fragilisée

Cinq ans après, force est de constater qu’à l’image du FPI divisé entre pro-Gbagbo et pro-Affi, la plupart des partis politiques divisés entre pro-RHDP et opposition, ont perdu de leur allant. « Tout cela par la faute de ce régime qui veut que tous les partis lui soient soumis », argue Anaky Kobenan qui se dispute un morceau du MFA avec Moutayé, proche du pouvoir. A la lumière des faits, celui que l’on commence à appeler « l’autre Albert » [Flindé] depuis le 13 mai dernier, n’est pas un inconnu de la scène politique ivoirienne. Ancien maire de Man et ancien ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, « l’autre Albert » livre ouvertement depuis quelques années une guerre de positionnement contre Albert Mabri Toikeusse à la tête de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI). Son entrée dans l’équipe d’Amadou Gon devrait lui donner le booster nécessaire et de gros moyens. Pour gagner sa guerre. Ou, tout au moins déclencher une dissidence au sein du parti cher à Mabri.

Albert Mabri Toikeusse dégommé du Tonkpi

Les dernières nominations effectuées dans la région du Tonkpi par Adama Bictogo, le Directeur exécutif du RHDP semblent aller dans ce sens. En effet, Mabri, le Président du Conseil régional du Tonkpi, élu sous la bannière du parti au pouvoir, vient d’être mis à l’écart dans la mise en place de la coordination régionale RHDP du Tonkpi. Dans un communiqué en date de ce lundi 18 mai, la Direction exécutive précise que cette coordination aura pour rôle de « mieux préparer les élections présidentielles d’octobre 2020 ».  Ainsi sont nommés « Siki Blon Blaise, Sidiki Konaté et Albert Flindé». Dans l’entourage de l’actuel président de l’UDPCI, les apparences sont sauves.  On estime qu’avec sa sortie du RHDP, le président Mabri ne se sentirait plus concerné par aucune décision venant de ce parti. Jusque-là, le concerné reste silencieux, accroché « au devoir de réserve » qu’il s’est « imposé ». Un devoir de réserve qui ne tiendrait, en réalité qu’à un fil : celui du poste de 2è Vice-président du RHDP qu’il occuperait encore. Mais jusqu’à quand ?

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