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Le colonel Issiaka Ouattara Wattao décédé le 5 janvier aux Etats-Unis a été enterré le vendredi 7 février dernier à Doropo, sa ville natale située au Nord-Est de la Côte d’Ivoire. Inhumé dans l’indifférence totale, n’ayons pas peur des mots, Wattao a eu une fin de rebelle. Triste, sans honneur et sans gloire. Le témoignage de leur vie dans les maquis, édicté par Chérif Ousmane n’a pas ému plus d’un. Même si sur le plan militaro-politique, le sort de Wattao était scellé, parce que se trouvant du mauvais côté de l’histoire actuelle de la Côte d’Ivoire, plusieurs observateurs arrivent difficilement à expliquer les absences des artistes aux obsèques du colonel Wattao. Qui, pourtant, était l’un des parrains attitrés de ceux-ci. Les raisons sont si simples. Qu’est-ce qui liait Wattao aux artistes ? Partageaient-ils les mêmes valeurs ? Étaient-ils liés par des rapports de jeux d’intérêts ? Des questions qui méritent d’être posées avant toute démarche hypothético-déductive.

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Le colonel Wattao et les artistes, ce qui les liait vraiment

Des artistes ivoiriens, celui qui avait une véritable intimité avec le colonel Wattao était Molaré. Plusieurs sources avancent que Wattao serait le partenaire d’affaires pour les business florissants que dirige l’artiste coupé décalé. Notamment dans le domaine de la sonorisation où Wattao avait acquis il y’a quelques années, du matériel de pointe. Le fait que Molaré ne se soit pas rendu aux obsèques de Wattao s’explique. D’autant plus qu’aux premières heures de la mort de celui qu’il appelait “grand-frère”, il avait annoncé qu’il organiserait des hommages dignes à la mémoire de l’officier militaire. Les jeux d’intérêts, de positionnement, n’ont-ils pas joué ? Wattao n’est plus de ce monde. Avant sa mort, il n’était vraiment plus en odeur de sainteté avec le pouvoir en place.

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A quoi aurait servi donc à Molaré de se créer des inimitiés pour un disparu. Aussi simple que ça. Outre Molaré, les comédiens comme Gohou Michel, Digbeu Cravate étaient des intimes de Wattao. Par ailleurs, Gohou expliquait les derniers instants de vie sur terre de Wattao avant qu’il ne soit évacué aux Etats-Unis pour des soins. C’est dire combien le comédien et le militaire étaient liés. Dj Kerozen, Dj Léo, Mix 1er…et bien d’artistes coupé décalé, comédiens et zougloumen, eux, n’avaient que des bribes de rapports sporadiques avec Wattao. Un jeu d’intérêt adossé au cynique rapport humain de la dualité existentielle artistique des échanges de bons procédés. Chacun donne ce qu’il a. Les artistes, des prestations, des dédicaces. Wattao, en retour remet des centaines de mille. A travers de tels rapports, aucune vraie valeur n’est partagée en tant que telle. Alors, quand Wattao décède, on se souvient des paroles de l’artiste reggae, Alpha Blondy : “Tu ne me dois rien. Je ne te dois rien. Va seul sur ton chemin, j’irai seul sur le mien. Chacun s’assoit, Dieu pour tous…”