Le mercredi 2 décembre, le duo Yodé et Siro a été convoqué à la brigade de recherches de la gendarmerie nationale à Abidjan-Plateau. Et ce, pour une enquête judicaire. L’on imaginait aisément que cette convocation faisait suite à la dernière sortie de ces artistes lors d’un concert à l’espace l’Internat de Yopougon. Après une longue journée dans une auditon à rebondissements, ils sont amenés au camp de gendarmerie à Agban où ils purgent une nuit de garde à vue. Le lendemain, jeudi 3 décembre, Yodé et Siro sont présentés au procureur. A la suite d’un procès marathon ce même jour, ils sont condamnés à 24 mois d’emprisonnement avec sursis assortis d’une amende de 10 millions de Fcfa. De leur convocation à la brigade de recherches à leur procès au palais de justice de première instance au Plateau, les acteurs culturels Ivoiriens sont restés mobilisés. Avec en première ligne, les artistes zouglou à l’instar de Pat Sacko à la tête de la FENAZ, Dekiss en France avec le Modaire. Du constat général, si Yodé et Siro qui ne se reprochent rien sont restés droits dans leurs bottes, fidèles à la philosophie zouglou qui est de dénoncer les faits de société tout en critiquant les abus de pouvoir, l’on a vu à contrario des artistes zouglou comme Pat Sacko et bien d’autres, se déculotter tout simplement, versant dans une ridicule théâtralisation faite de pardon avec des remerciements à tout rompre à des autorités Ivoiriennes, avec à leur tête un Alassane Ouattara, qui, en neuf ans ; n’a jusque-là fait aucune concession pour une atmosphère viable en Côte d’Ivoire. Avec lui, le procureur de la République aux ordres qui n’a cesse de fermer les yeux sur les violations les plus flagrantes qui ont cours en Côte d’Ivoire. Chose par ailleurs qu’aura tenu à dénoncer Yodé et Siro.

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Procès Yodé et Siro-Quand les artistes zouglou se déculottent !

Qui l’eût cru. Voir un Pat Sacko, pourtant opposé au troisième mandat d’Alassane Ouattara, lire un communiqué où il demande pardon au procureur de la République. Et en même temps remercier le chef de l’Etat et son épouse. Le zouglou dans son essence, ne nous avait pas habitués à ça. Les leçons à tirer sont simples. Le musèlement dont fait preuve le pouvoir en place, qui amène des artistes comme Pat Sacko, grand compositeur zouglou à se renier. A ne plus vouloir dénoncer les abus de pouvoir. La peur s’est emparée de tous. Y compris ceux qui sont censés être les porte-parole des populations. Le fait de voir ces artistes se déculotter est représentatif et illustratif du régime de terreur qui s’abat sur la Côte d’Ivoire. Dommage que l’on en arrive là. Hélas, les choses sont ainsi. La preuve, en neuf ans de pouvoir d’Alassane Ouattara, les sorties d’albums zouglou se comptent sur le bout des doigts. Tout le monde s’est terré dans un silence assourdissant, de peur de se voir derrière les barreaux comme les hommes politiques et bien de députés qui croupissent en ce moment dans les prisons Ivoiriennes.