Soum Bill, c’est plus de 20 ans de carrière musicale. Le genre de l’artiste est connu, c’est le zouglou. La réplique qu’il donne au zouglou est si bien orchestrée tant musicalement que vocalement qu’en trente ans d’existence de cette musique, il est désigné à juste titre comme le meilleur. La place qui lui échoit ne l’est pas au hasard des choses. Soum Bill a su s’adapter et se réinventer au travers d’autres courants musicaux. Outre ces déclinaisons, son parcours en lui-même n’a jamais répondu à une constante. Soum Bill commence avec un groupe, les Garagistes. La belle épopée avec les Salopards pour donner une coloration nouvelle au zouglou se fera en 1996. Des textes forts, une symphonie vocale avec un Bloco au mieux de sa forme. Mais le talent lalent de Soum Bill a besoin d’éclore, de s’exprimer.

Soum Bill sur scène

Lire aussi : Interview Exclusive-vidéo-Elisabeth Gogoué-Compagne d’Erickson Le Zulu pendant sept ans-Qui est-elle ?-Un an après le décès de l’homme dont elle a partagé la vie-Elle sort de son silence et dit sa part de vérité

La marche en solo commence. Même si l’on ne prédit pas long feu à cette orientation, elle a tout de même le mérite de mettre en exergue la voix d’un polyphone, d’un esthète dans l’art du chant. Soum Bill a trouvé sa voie. Tout seul, il convainc, ses qualités sont reconnues et appréciées. Les chiffres vont avec. Dans un marché du disque déclinant, avec l’album “Terre des Hommes”, il arrive à écouler plus de 500 mille albums. Les tournées et autres spectacles s’enchaînent. Il lui faut une pause. Soum Bill commence ainsi, à se réinventer. Il fait sa mue, musicalement, tout seul. Et ce, afin d’imposer sa vision de la musique à son public. En 2007, son album “Que la lumière soit” inaugure ce vaste chantier.

“Haïdara”, “Bamba Ghetto” attestent de cette transversalité à voir Soum Bill évoluer dans plusieurs registres.

On voit un artiste surfer sur du zouglou, le reggae et les influences mandingues. C’est du grand art. “Haïdara”, “Bamba Ghetto” attestent de cette transversalité à voir Soum Bill évoluer dans plusieurs registres. Et il ne n’arrête pas. Il marque une pause, “une escale” en reggae. C’est bluffant. Soum Bill se lance maintenant dans les collaborations. On le retrouve sur un titre avec Mokobé, rap zouglou, ça le fait. Cette expérience, il vient de la renouveler avec le jeune Didi B. Une intergénérationnalité qui aura l’avantage de le repositionner au cœur d’un public jeune qui va le (re) découvrir. Avec Serge Beynaud, il a essayé de faire communiquer le coupé décalé et le zouglou. Zougloumanity, c’est le tour d’horizon de toutes ces influences. A chaque étape de son parcours, Soum Bill se sera réinventé. Et ce n’est pas fini.