Président du Tchad pendant 30 ans, Idriss Déby Itno est décédé hier de sources officielles, au front. Pendant que d’autres sources avancent qu’il aurait été assassiné par l’un de ses cousins qui est son garde du corps. Laquelle information dans la foulée, a été éventée par Alain Foka sur un média où il est intervenu : « Idriss Déby a été abattu. Il n’a pas été tué au front, au combat, comme on tente de le faire croire… ». Justement, le journaliste, spécialiste des questions africaines, mémoire vivante de l’actualité politique sur le continent a rencontré Idriss Déby il n’y a pas si longtemps. A la faveur d’une interview accordée à l’ancien chef d’Etat tchadien, les deux avaient abordé plusieurs sujets inhérents au Tchad. L’interview s’ouvre sur le titre de maréchal dont s’était affublé Idriss Déby. Sur cette question, il disait n’avoir qu’obéi aux prescriptions institutionnelles de son pays, qui à travers une telle désignation célébrait ses hauts faits en faveur du Tchad. Outre ce volet, Alain Foka a passé en revue d’autres sujets, entre autres la situation en Lybie et surtout ce passage émouvant où Idriss Déby, faisant un rappel de sa prise de pouvoir en 1990 parlait de ce qu’était le Tchad.

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Un pays sans hôpitaux, sans institutions véritables et autres. A ce titre, dira-t-il : « En 1990, lorsque je suis arrivé à la tête de ce pays, qu’est ce que j’ai trouvé. Il n’y avait ni armée, ni administration, encore moins de tchadiens. Ils étaient soit, exilés, soit réfugiés. J’ai fait une conférence nationale souveraine au Tchad contre l’avis du président français, François Mitterrand. J’ai voulu que les tchadiens se parlent. C’est à partir de là qu’on a mis en place une constitution. J’ai géré le passif de 30 ans de désordre, de guerre et autres. Tout cela n’a pas été du tout facile. La mise en marche de notre économie s’est adossée sur un plan ambitieux à partir de 1999. En 1990, lorsque je suis arrivé, il n’y avait que 12 médecins au Tchad, moins de 20 magistrats et une seule université. Aujourd’hui, il y’a plus d’une vingtaine d’instituts universitaires. Au niveau de la santé, il n’y avait qu’un seul hôpital. Aujourd’hui, dans chacun des 23 provinces du Tchad, il y’a un hôpital. Nous avons aujourd’hui plus de 1000 médecins ». Outre ce que Idriss Déby a pu apporter au Tchad, il s’est exprimé sur la situation politique de la Côte d’Ivoire avant octobre 2020 lorsque le président Alassane Ouattara a émis le vœu de briguer un autre mandat présidentiel. Là dessus, voilà ce qu’il faut retenir : « Je sais que le premier ministre qui était pressenti candidat, qui est Amadou Gon Coulibaly, paix à son âme, que je connais, est décédé ». Quant au retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, il a lâché péremptoire : « Si Gbagbo demande à rentrer dans son pays, moi, je ne vois pas de mal. Ou est le problème. C’est entre les Ivoiriens… »