Après de nombreuses années de lutte contre le parti unique, le Front Populaire Ivoirien ( FPI) obtenait le 30 avril 1990 le multipartisme. 31 ans après, soit ce 30 avril 2021, Pascal Affi N’guessan revient sur cette victoire instituée par le parti de Laurent Gbagbo comme “fête de la liberté”. Dans une longue tribune publiée à la faveur de cette fête de la liberté, il n’y est pas allé de main morte. Dans cet extrait où de manière liminaire, il situe le cadre, il dit ensuite ses vérités à Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et à l’ensemble de la classe politique Ivoirienne : “… Il y a 31 ans, le 30 avril 1990, un vent joyeux soufflait sur notre chère Côte d’Ivoire. Ce jour-là, le multipartisme s’imposait comme l’autre nom de la liberté. Au FPI, nous voulions y voir les fondations d’une démocratie résolument en marche. C’était le résultat d’années de combat, notre victoire, mais en réalité une victoire pour notre pays tout entier…”.

Lire aussi : Hamed Bakayoko-A propos de la maladie qui l’a emporté-Voici ce que dit son ami d’enfance-Des confidences inédites sur son épouse Yolande

Lorsqu’il évoque la réconciliation en panne sèche depuis l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir suite à la crise post-électorale de 2011, voici ce qu’il dit : “…La réconciliation doit cesser d’être une incantation sur fond d’arrière-pensées hypocrites et stériles. La Côte d’Ivoire ne doit plus être ce pays où l’on en parle sans cesse pour mieux s’abstenir de la bâtir”. Dans cet élan, il évoque le retour de Laurent Gbagbo : “…Dans quelques jours, le retour de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé ne doit pas être perçu comme la reprise de “la guerre de 30 ans” après une parenthèse douloureuse de 10 ans. Pour nous, au Front Populaire Ivoirien, ces retrouvailles prennent une dimension affective et politique toute singulière. Notre vie avec le président Gbagbo est jalonnée de combats épiques gagnés ensemble, perdus ensemble. Depuis quelques années, c’est l’histoire de divisions stratégiques sur le sens de notre action, c’est celle d’une famille fracturée. Nous ne l’avons pas cherché, nous ne l’avons pas voulu mais nous en avons pris acte.

Parce que toute sa vie, il a su affronter et se confronter, je sais que Laurent Gbagbo ne se dérobera pas, qu’il ne s’abritera pas derrière ceux qui, ces dernières années, ont parlé en son nom, peut-être abusivement.

Les dissidents se réclament de lui, c’est en son nom que la scission de notre famille politique a été conduite; récemment, c’est encore en se référant à lui que le FPI a été exclu de l’alliance électorale avec le PDCI-RDA. Pour cette raison, la clarification doit venir de Laurent Gbagbo. Elle est nécessaire. La responsabilité lui en incombe. Clarification sur l’enjeu, l’opportunité et la signification politique de notre unité ; clarification aussi et surtout de notre projet pour la Côte d’Ivoire. Ce projet ne saurait se résumer à reprendre le fil d’une histoire tragiquement interrompue le 11 avril 2011, ni à s’enfermer dans le ressentiment et la soif de revanches. Parce que toute sa vie, il a su affronter et se confronter, je sais que Laurent Gbagbo ne se dérobera pas, qu’il ne s’abritera pas derrière ceux qui, ces dernières années, ont parlé en son nom, peut-être abusivement. Il sera désormais en première ligne. La réussite ou l’échec de l’unité dépend en réalité largement de lui. J’ai la conviction qu’il saura poser l’acte qui rassemble. La visite au FPI le lundi 26 avril 2021 du ministre Léon Emmanuel Monnet, président du comité d’organisation de son accueil, me conforte dans l’assurance que l’unité du FPI n’est pas impossible. Que les rancœurs, les commérages et autres criailleries se taisent ; que tous se mobilisent pour assurer un accueil digne au président Laurent Gbagbo”.

Lire aussi : Idriss Déby-Ce qu’il disait du retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire

Des mots saissisants qui tradusient qu’au sein du FPI, l’unité qu’Affi N’guessan appelle de tous ses voeux se fera autour de Laurent Gbagbo. A Alassane Ouattara, de qui, on a souvent qu’il est de mèche, il se veut virulent : “…Parce qu’il est au pouvoir, parce qu’il porte la responsabilité du blocage du processus démocratique, parce qu’il a, jusqu’à présent choisi la fermeture, privilégié le repli, Alassane Ouattara doit comprendre que c’est à lui qu’il appartient de conduire le processus de réconciliation nationale, de faire le premier pas. Il sait bien que la réconciliation ne saurait se résumer à la nomination d’un ministre, choisi pour service rendu. Il reste de nombreux chainons manquants. La réconciliation passe par la libération de l’ensemble des prisonniers politiques, ceux de la crise de 2010-2011, ceux de la crise de 2020, et tous les autres, le retour aussi de tous les exilés…”.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.