Le zouglou, identité culturelle par excellence est l’un des genres des plus représentatifs de la musique Ivoirienne. Non, par sa durée ( le zouglou a eu 30 ans en 2020), non, par les artistes qui évoluent dans ce champ d’expression. Mais au vu des différents thèmes abordés. De la satire sociale aux problématiques politiques, les zougloumen ne s’interdisent rien. S’il y’a bien une réalité que plusieurs chansons zouglou décrivent de la manière la plus crue et des plus vraisemblables, c’est bien la vie des immigrés en Europe, et en France en particulier. Désigné “Bengué” ( La France), dans l’argot Ivoirien, la vie y est très dure. Et ça, que ce soit Yodé et Siro, Magic System, les Garagistes, tous ont chanté ces réalités crues de la vie en Europe. Mais cela n’a pas empêché depuis des lustres des vagues d’immigrations pour de millions d’Africains en proie à la paupérisation très avancée, d’aller chercher un mieux être en France. Comme le dirait, Yodé et Siro, “sur le terrain, la réalité est toute autre”. Souffrance, désillusion, le top 5 des chansons zouglou qui décrivent les dures réalités de la France.

Lire aussi : People-Coco Emilia-Affaire 40 millions reçus d’un ministre Ivoirien-Elle réagit : “J’étais effectivement à Abidjan…”

Yodé et Siro-Paris-Gnèzé : “La souffrance est pour les noirs…”

Dans cette chanson intitulée “Paris” sous-titrée “Gnèzé”, en langue bété “la souffrance”, Yodé et Siro donnent la caricature parfaite de ce qu’est la réalité de la vie d’un immigré en France. En six minutes, tout est dit. En introduction, on peut entendre : “A paris, quand tu vois un blanc, il est sale, mais sa maison est propre…Quand tu vois un noir, il est propre, mais sa maison est sale”. Cette image est illustratrice des logements insalubres auxquels ont droit souvent les noirs en France. Cette réalité implacable, il faut la vivre. La discrimination commence bien là. Pour le logement, un noir se verra logé dans un quartier dit sensible, où dans les grandes métropole comme Paris, un immeuble de 16 étages, peut ne pas avoir d’ascenseur. Outre cet aspect au nouveau du logement, Yodé et Siro décrivent avec une vérité déconcertante les réalités auxquelles sont confrontées les noirs. Ils lâchent péremptoire : “Le franc est pour le blanc et la souffrance, pour les noirs”. Au niveau du travail, le noir est reclus aux petits boulots. Ce qui fait dire à Yodé et Siro que le noir “ne dit jamais, je vais au travail, mais au djôssi ( petit boulot)”. A propos des charges, une fois le salaire perçu, tout est prélevé. Entre les assurances habitation, auto et autres prévoyances, au final, l’on est réduit à vivre à découvert.

Lire aussi : Zouglou-Yodé et Siro-Lors de leur direct Facebook avec 30 minutes de retard : “Il faut que les choses changent…Nous saluons le procureur Adou Richard et tous les juges qui nous ont jugé”

Magic System-Aventurier-Le mode d’emploi

“Au bout de l’effort, il y’a la récompense, mais seulement, il faut savoir se battre”, dixit Asalfo en introduction de la chanson “Aventurier” qui se positionne comme le mode d’emploi pour une insertion sociale réussie en France. Il faut s’armer de courage, faire face au froid. La première chose, avoir un logement, ensuite un petit boulot, peu importe lequel pourvu que l’on puisse faire face aux charges. En 4 minutes, le groupe Magic System dit pratiquement tout. Après “le djôssi”, il faut savoir gérer. “Ton djôssi”, c’est ta fierté, tu es l’espoir de ta famille”…des paroles fortes qui ne donnent aucune occasion de lâcher. Autant l’on est déjà engagé, il faut continuer à nager. Maitre mot, le courage.

Lire aussi : Musique-30 ans du zouglou les 12 et 13 décembre sans le groupe Magic System ?-Quand la querelle entre Angelo Kabila et Asalfo s’invite !

Les Garagistes-Bengué-Les conflits familiaux

Sur leur album “Tapis Rouge”, Les Garagistes mettent à nu les premiers pas en France. D’où naissent les conflits familiaux. Le parent mal logé qui a du mal à héberger pour un temps, le frère ou la sœur venue d’Afrique. La tristesse qui jalonne ce titre est la matrice du vécu quotidien en France. Entre tristesse et amertume tout en se consolant de l’éternelle réclame : “ça va aller”. Aucune alternative ne s’offre. Il faut se battre, continuer de se battre, parce que le but final, c’est ça, réussir, s’en sortir. Se créer de bien meilleures conditions de vie. Pour y arriver, il y’a tant d’épreuves et de souffrance. Il faut le vivre pour en parler.

Lire aussi : Zouglou-Que les Garagistes chantent pour Gim’s, c’est quoi le problème ?

Soum Bill-Mondialisation : “Rien n’a changé…”

Soum Bill essaie de consoler les siens pour leur dire qu’en Europe, rien ne change vraiment. Surtout dans les comportements qui régissent les rapports entre les africains. La perfidie et la méchanceté sont au rendez vous au sein des différentes communautés. “Une fois que tu vas chez eux, tu comprendras que ce n’est pas du gâteau”, prévient Soum Bill. “L’Europe, ça brille, mais ce n’est pas de l’or…Tout ça, pour quoi, parce que la misère est grandissante chez nous”, dit la chanson.

Lire aussi : Musique-Soum Bill-L’aveu d’impuissance de l’artiste zouglou : “Je pardonne à tous ceux qui me combattent”

Magic System-Un gaou à Paris

Les chansons qui décrivent et dépeignent avec une réalité crue les réalités de la vie en Europe ne sont pas exhaustives. Que ce soit Magic System, les Garagistes, Yodé et Siro, Petit Denis, Dezy Champion, Manoolélé, Andy Maribel…tous ont essayé dans leurs différentes chansons d’aborder cette thématique afin de laisser apprécier par chacun, ce qui est la réalité, une fois, que l’on décide d’immigrer. Dans “un gaou à Paris”, Magic System touche l’épineux problème de la régularisation, le titre de séjour. Tout part de là. Sans ce sésame, la vie d’un immigré est réduite à zéro. “Pas de papier, pas de logement, pas de travail”, inertie totale, questionnement perpétuel. “Pour avoir papier à Paris, c’est compliqué, c’est dur oh…”. Entre les belles mélodies entrainantes de cette chanson et le chemin de croix pour s’en sortir, il y’a un difficile chemin à parcourir.