Un album de six titres, c’est l’actualité musicale de Serge Beynaud. Un beau medley où l’on retrouve bien de sonorités. Au delà de l’essence du coupé décalé à travers des titres comme “Ye Dja”, “Zaï Kolo”, on retrouve un artiste surfant sur des rythmiques rap et reggae. Avec “Mama Africa”, l’intitulé de ce nouvel opus, Serge Beynaud se réinvente et démontre à bien d’égards que musicalement, il a du coffre.

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Serge Beynaud-Mama Africa-Il fait voyager le coupé décalé

Sur les six titres que comporte sa nouvelle production musicale, Serge Beynaud, même s’il reste fidèle à la tradition coupé décalé, y apporte de nouvelles notes. Un titre comme “Zaï Kolo” épouse des airs de musique de l’Afrique orientale, une certaine ouverture sur des pays comme l’Ouganda, Madagascar où il a de nombreux fans. “Ye Dja”, bien entendu est ce qu’on va appeler dans le jargon coupé décalé, les titres “concepts” avec une danse à la clé. La réclame, “petit, ye dja”, invite à la danse, à esquisser quelques pas avec l’épaule. “Donne moi un peu”, une prière à l’Eternel qui rappelle le jeune rappeur Micem, mais avec une touche spéciale Serge Beynaud. L’artiste, le chanteur, le compositeur, l’arrangeur coupé décalé qui se mue en rappeur, c’est l’une des innovations sur l’œuvre “mama africa”. “Posey” lui, avec des notes de Cora, et exécuté en bambara voltige entre la world musique et ce que Alpha Blondy pourrait appeler le “reggae africain”. Quand Serge Beynaud parle de “sa vie qui doit changer”, il le fait en toute douceur, invitant les musiques du caraïbe dans son univers. La belle surprise, c’est le titre, “Mama Africa”. Très remuant…et surtout impossible de nous remémorer le grand Lucky Dube. Par ailleurs, allègrement, des lignes mélodiques du reggaeman sud africain se retrouvent sur cette chanson. Avec un message très puissant à l’appui. “Mama Africa”, une œuvre qui mérite que l’on s’y attarde. Chacun s’y retrouvera.