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Bosiki Ngoyi Eric, dit Erickson le zulu, est décédé ce dimanche 16 février 2020 des suites d’un cancer du foie couplé à un cancer de la vessie. C’est l’une des meilleures, sinon la plus belle voix de la musique coupé décalé qui vient ainsi de s’éteindre. Une puissante voix. Une voix qui s’est forgée dans des groupes d’ambiance sommairement constitués. Avant de se bonifier dans les plus grands maquis d’Abidjan. Au début des années 2000, écouter la voix d’Erickson le zulu, ses « atalakus », cela valait le déplacement dans un maquis. Sur les sélections de « Commandant Vetcho », lorsqu’Erickson posait ses « atalakus », ses paroles saccadées enchanteresses, la joie était à son paroxysme. Au maquis Roland Garros à Yopougon Toits Rouges chez Arthur Malan, quand Erickson faisait les éloges des payeurs de la soirée, les cartons de vins mousseux en son temps, se commandaient par dizaines. Griot des temps modernes, le zulu Erickson savait mettre en valeur, avec cette voix dont lui seul avait le secret. Et qui, surfait par moments sur la langue arabe qu’il maîtrisait parfaitement. Il connaissait et savait lire le Coran. Ces confidences de Soum Bill en guise d’hommage l’attestent : « Je me souviens encore quand nous sortions des maquis, en cachette pour nous rendre à la mosquée, toi et moi, pour la Saalat pendant le mois de Ramadan. Je prenais plaisir à t’écouter réciter le saint Coran. Abidjan, Bamako, Dakar, Genève, et Paris, nous avons gagné pas mal de batailles, frère…Mais celle-ci, malheureusement, personne ne la gagne… ».

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Erickson le zulu, la galère qu’il a vécue au Mali à l’école coranique

« Un jour, alors que nous étions en studio pour la préparation de son album « Souzana » et plus précisément du titre « la galère » (Je ne suis rien), Erickson m’a pris de côté et m’a conté un peu sa vie au Mali à Bamako, Kinshasa au Congo, à Abidjan en Côte d’Ivoire. Il m’a dit être né d’un père Malien et d’une mère Congolaise. Il a vécu au Mali où il a été à l’école coranique. Il y a souffert. Il y a vécu la vraie galère. Il m’a raconté qu’il y avait un lieu de l’école où il fallait aller se cacher pour pleurer quand la faim était trop forte. Il était interdit de pleurer en public. Cette expérience de galères diverses au Mali lui a donné d’être un homme fort dans la tête et battant, ne comptant sur personne, sinon sur Dieu et son talent pour se faire une place au soleil. Quand il est arrivé à Abidjan, il a commencé à vivre à Yopougon Mossikro (quartier précaire), ensuite au Nouveau quartier, à Niangon Nord, et à Anananeraie, ensuite la France ». Ce témoignage est de Dj Nazio, l’un de ses condisciples devenu aujourd’hui serviteur de Dieu, et qui vit désormais au Canada.

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