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Ouverte officiellement le 10 juin dernier, l’opération de révision de la liste électorale est devenue un prétexte de précampagne pour la présidentielle du 31 octobre prochain. Sur le terrain, notamment à l’intérieur du pays, la quasi-totalité des partis politiques – même l’UDPCI de Mabri Toikeuse qui semble sur la corde raide – donne de la voix. A l’exception du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) qui se fait remarquer par son absence fracassante. Mais ce que beaucoup prennent et dénoncent comme « l’indolence » du vieux parti n’en serait pas du tout une. C’est du moins ce que soutient Maurice Kakou Guikahué lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi à Abidjan. A l’occasion, le secrétaire exécutif en chef du PDCI-RDA a appelé à un report de la date de clôture de l’opération de révision de la liste électorale. Conformément au calendrier arrêté par la Commission électorale indépendante (CEI), l’opération de révision de la liste électorale devrait en principe prendre fin le mercredi 24 juin 2020. Mais, selon le conférencier, sur le terrain, l’opération souffre de nombreux dysfonctionnements qui plombent carrément l’opposition, notamment le PDCI d’Henri Konan Bédié.

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Maurice Kakou Guikahué : “Le PDCI RDA dénonce des lourdeurs…”

« Le PDCI-RDA dénonce les lourdeurs, les hésitations, les dysfonctionnements et les changements de décisions de la CEI dans la conduite des audiences foraines, la conduite de révision de la liste électorale », a fustigé Maurice Kakou Guikahué. Puis de plaider pour une rallonge de deux semaines de la date de clôture pour permettre l’inscription d’un plus grand nombre de nouveaux majeurs sur la liste électorale. En effet, souligne M. Guikahué, plus de 99 % des demandes déposées par les responsables du PDCI-RDA pour l’obtention des pièces administratives obligatoires pour l’inscription sur le listing électoral de leurs militants, restent, jusqu’à ce jour sans. A cela, s’ajoutent par ailleurs, sur l’absence du PDCI à l’intérieur du pays, a relevé le conférencier, les difficultés des leaders de l’opposition, à contrario des cadres du RHDP, pour obtenir des autorisations de sortir du grand Abidjan, isolé en raison de la crise sanitaire liée à la propagation du Covid-19. Une véritable politique de « deux poids, deux mesures » qui a cloué l’appareil du PDCI sur le tarmac, selon Guikahué. « Les cadres du RDR-RHDP obtiennent facilement les laisser-passer et ont ainsi la possibilité d’investir le terrain afin d’enrôler leurs militants pendant que les cadres des autres formations politiques, notamment le PDCI, n’ont pas cette facilité. Obtenir un laisser-passer pour sortir d’Abidjan est un véritable parcours pour eux », a dénoncé Maurice Kakou Guikahué. A ces blocages, le conférencier a ajouté également l’insuffisance et le manque d’imprimés dans plusieurs localités, notamment dans les régions du Moronou et l’Iffou, le retard des audiences foraines dans certaines localités, et la discrimination des pétitionnaires. A quatre mois de l’échéance du 31 octobre, pour l’opposition ivoirienne, il n’y a plus de doute : le RHDP a déjà lancé sa « technologie électorale » qui consisterait à bloquer, à la base, toutes les voix et les voies qui pourraient lui faire perdre le pouvoir au soir du 31 octobre 2020.

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