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S’il est une vérité bibliquement établie qui dit ceci : ‘’celui qui règne par l’épée périra par l’épée’’, l’histoire, si elle se réalisait, pourrait enseigner que « celui qui gagne par alliance perdra par alliance ». C’est du moins, faisant cas de cet exercice, que le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) compte soumettre le RHDP au rendez-vous du 31 octobre prochain. En 2000, en effet, pour terrasser le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, le RDR d’Alassane Ouattara a dû s’allier au PDCI-RDA d’Henri Konan Bédié. « Je faisais partie de la dynamique de l’alliance des Houphouetistes (Ndlr : coalition de l’opposition créée en 2005 qui a remporté la présidentielle de 2010). Mais depuis qu’il a fait de cette alliance un parti unifié (le RHDP) pour le soutenir, en dehors du PDCI, il n’y a plus de collaboration politique entre nous… », a tranché Bédié, après 7 ans dans cette alliance qui a permis au président Ouattara d’arriver au pouvoir et de rempiler pour un second mandat.

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L’alliance PDCI RDA-FPI de Laurent Gbagbo et ses accords tenus secrets

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Aujourd’hui, la même carte d’alliance s’annonce dans le jeu électoral du 31 octobre prochain. Avec, cependant, un changement de mains, mais aussi et surtout de stratégie, apprend-on. En effet, après avoir signé, le 30 avril, un « accord-cadre de collaboration » portant sur un projet commun de réconciliation nationale, le FPI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Henri Konan Bédié ont lancé, le 3 juin, un appel solennel à leurs militants pour qu’ils préparent ensemble la prochaine élection présidentielle. Dans la dynamique de ces nouvelles alliances du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié est revenu, la semaine dernière encore, sur une information déjà confirmée par Guillaume Soro, lors de son interview sur France 24. En plus de Laurent Gbagbo, le président et candidat du PDCI-RDA a révélé l’existence d’un deal avec Guillaume Soro également. Comme au temps du RHDP, en cas de second tour, le meilleur d’entre le PDCI, le FPI et GPS sera soutenu par les autres, a indiqué M. Bédié. Sans plus. Pourtant, si le rapprochement entre Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro est aujourd’hui de notoriété, du contenu des « accords-cadre de collaboration » signés entre eux, personne n’en sait grand. « C’est tout bien réfléchi qu’on tient ces points secrets », assure ce cadre du PDCI avec qui nous avons échangé à propos de l’investiture du candidat du PDCI dans les touts prochains jours. De fait, confie l’élu du PDCI, « nous allons en compétition et savons que nos adversaires en face n’hésiteront pas à utiliser tout ce qu’ils peuvent contre cette alliance contre laquelle ils ne peuvent pas gagner. L’histoire et l’expérience d’un passé encore récent nous ont amené à revoir notre fonctionnement, d’où certains points que nous gardons secret ».

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Ce que fera l’alliance PDCI RDA- FPI en cas de rejet de la candidature de Laurent Gbagbo et Guillaume Soro

Au-delà du basique report des voix connu de tous, l’alliance PDCI-FPI-GPS reposerait aussi et surtout sur « des clauses secrètes » qui devraient être dévoilées et appliquer en temps voulu. « C’est comme des cartouches de différents calibres que nous pourrons utiliser en fonction des besoins. Figurez-vous que contre un oiseau, on n’utilisera pas une cartouche d’éléphant, et vice-versa », confie l’élu PDCI de la région du Sud-Comoé. Ainsi, à en croire notre interlocuteur, la sérénité et l’assurance qu’affichent Guillaume Soro et Laurent Gbagbo quant à leur participation, d’une manière ou d’une autre, à l’échéance du 31 octobre viendraient de ces « clauses secrètes ». De fait, au cœur de cette alliance, le PDCI et ses nouveaux alliés gardent à l’esprit le risque de rejet qui pèse sur les dossiers notamment de Laurent Gbagbo et Guillaume Soro.

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« Selon que la candidature de l’un ou l’autre de nos alliés est rejeté, nous allons utiliser l’une ou l’autre des cartouches que nous avons préparées… Nous sommes préparés, nous savons qu’il y aura forcément un second tour et c’est là qu’on va rééditer l’histoire », rassure notre interlocuteur. Vrai ? Faux ? « Présenté ainsi, je ne vois pas par quelle alchimie le RHDP réussira à battre ces trois leaders au second tour. Surtout, qu’il ne rêve même pas gagner au premier tour. C’est impossible vu l’impopularité qu’il traîne en ce moment. Si en 2010, au moment où Alassane Ouattra était au firmament de sa popularité, il n’a pas pu gagner au premier tour, ce n’est pas en ce moment où il est dans la vallée de sa popularité qu’il le fera », jubile déjà Mamadou Traoré, le très prolixe cadre de GPS qui semble en savoir beaucoup plus sur le sujet. Depuis samedi, le président Bédié, a désigné Bamba Siaka comme représentant du PDCI à la Commission centrale de la Commission électorale indépendante (CEI). Cette entrée du vieux parti à la CEI intervient après une ordonnance du chef de l’État Alassane Ouattara modifiant la loi sur la CEI en vue de permettre l’attribution des sièges dans cette commission aux partis de l’opposition dont la représentation au Parlement est la plus significative. Un autre pas vers la victoire finale, estime-t-on au PDCI RDA.