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Ce n’est pas le Remake de ce qu’il a vécu au Golf Hôtel d’Abidjan durant les 4 mois de la crise postélectorale avant d’entrer dans l’effectivité de son pouvoir. Mais pour sa sortie de pouvoir pensée, planifiée et déclarée, c’est peu dire qu’Alassane Ouattara a des nuits difficiles en ce moment. Du moins si l’on s’en tient aux confidences qui s’échappent au compte-goutte du palais d’Abidjan depuis le drame du décès brusque du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. L’homme qui, il y a deux semaines affichait un certain soulagement, heureux d’accueillir son collaborateur de retour d’un long séjour en France, doit résoudre l’équation inattendue et imprévue posée par le décès subit de son dauphin. Et là, à 3 mois de l’élection présidentielle, Alassane Ouattara doit aller vite. Très vite même. Un temps évoqué, le report de l’échéance du 31 octobre a été vite éliminé des calculs. Chez l’Opposition comme au sein même du RHDP, le parti au pouvoir. Ici, en cet après-midi de 17 juillet, alors que les échos des derniers trémolos d’hommage chantant « les immenses qualités humaines et la vision d’un grand homme d’État » résonnent encore l’horizon, c’est sur cette autre unanimité que tombe le voile de l’ultime séparation : le maintien de l’élection présidentielle à la date du 31 octobre prochain.

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L’élection présidentielle maintenue au 31 octobre ?

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Les ardents partisans du maintien de la date du 31 octobre dont Adama Bictogo, Kandia Camara, Kobenan Adjoumani, Ly ramata Bakayoko, Kaba Nialé, Anne Ouloto…, estiment même que la plus belle manière d’honorer la mémoire d’Amadou Gon Coulibaly est de « remporter l’élection présidentielle au premier tour ». Il faut les comprendre : « Les hommes passent mais la Nation, elle reste. Donc au-delà de la douleur, il faut bien penser Nation. Et en la matière, ce ne sont pas les pièces de rechanges qui manquent au sein du RHDP », comme renchérit si bien ce cadre du RHDP très actif dans les forums de discussion sur les réseaux sociaux. À propos de ‘’pièce de rechange’’, les noms d’Hamed Bakayoko, le ministre de la défense et Patrick Achi, Secrétaire général de la Présidence circulent depuis plusieurs jours déjà, comme les deux pièces d’origine que Ouattara s’apprêterait à remonter dans les organes de la Vice-présidence et de la Primature de la machine RHDP afin de la relancer le plus tôt possible. Sauf que là, à trois mois du 31 octobre, le président sortant ne peut pas s’offrir le luxe de nommer un Premier ministre et un Vice-président juste pour boucher des vides institutionnels. Il doit aussi et par-dessus tout, trouver un nouveau candidat pour le RHDP. Selon une information livrée par La Lettre du Continent, le président ivoirien aurait « brièvement envisagé de transmettre le flambeau » au ministre de la Défense pour porter la candidature de son parti politique. Mais, à en croire toujours le média français dans sa livraison du 15 juillet, l’ancien Directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), se serait finalement ravisé. Envisageant par la même occasion, de rechausser les gants pour un 3e round.

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Les difficultés du choix Hamed Bakayoko comme candidat du RHDP

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C’est un secret de polichinelle. En mars dernier, pour Amadou Gon Coulibaly choisit en violation des textes et de la parole donnée, Alassane Ouattara, a dû jouer serré pour imposer son choix au RHDP. Quitte à perdre son dernier allié, Mabri Toikeuse, président de l’UDPCI et 2è vice-président du RHDP. Aujourd’hui, la situation dépeinte par des proches du palais d’Abidjan est quasi-identique : Alassane Ouattara doit se choisir un nouveau dauphin pour tenir sa parole de ne pas briguer un 3è mandat. Mais à une grosse différence près : il n’a plus le temps qu’il avait eu avec Gon, pour faire accepter, presqu’imposer son nouveau choix à tous. Selon des confidences de ce proche collaborateur de Gon qui « prépare déjà [sa] valise pour partir » après l’enterrement de son patron, le choix de l’actuel ministre de la Défense, qui a fait ses preuves en assurant avec maîtrise l’intérim d’Amadou Gon Coulibaly (AGC) à partir de mai, était bien parti. Mais il se serait heurté à l’exacerbation de la guerre des clans entre les pro et les anti-Hambak. Sur le chapelet des arguments sortis par les anti-Hambak, un gros grain dénommé Vice Média cristalliserait toutes les émotions, mais aussi et surtout des craintes, selon eux. De fait, plus que les révélations, du média canadien, qui accusent le premier magistrat d’Abobo de tremper dans un vaste réseau de trafic de drogue en Afrique de l’Ouest, c’est surtout la manière dont Abidjan a tenté de « résoudre cette grave accusation » qui laisse quelque peu perplexe. Le silence au sommet de l’État qui a laissé Hambak seul se débattre comme il peut, avec le soutien de quelques cadres et journalistes amis, aurait intrigué plus d’un. De plus, les anti-Hambak pensent que les débris encore pendants de ce scandale pourraient être réactivés par les « ennemis » si Hambak était choisi comme le cheval du RHDP. Plus grave, selon notre source, depuis quelques temps, il est question d’une vidéo réalisée par des infiltrés de la DEA à St Tropez sur le ministre ivoirien.

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Candidature pour un troisième mandat d’Alassane Ouattara-Quand Tiken Jah se dédit et prépare les esprits

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Quoiqu’il en soit, Alassane Ouattara qui rentre à peine des obsèques d’Amadou Gon Coulibaly a beau vouloir aller vite, pour autant, il se murmure que pour l’homme qui veut « partir sans partir » comme il l’a annoncé le 12 mars dernier, il est hors de question de faire un choix sans peser tous les risques. Pour la mémoire de son collaborateur mort au front. Pour son parti, le RHDP. Mais aussi et surtout pour son pays. D’où son envie de reprendre ‘’sa’’ chose et s’inscrire dans une autre déclaration qu’il avait faite concernant sa candidature. Pour les pro-Ouattara et autres pro-3è mandat, tout l’argumentaire est là : « le président avait annoncé que si Gbagbo et Bédié qui sont de sa génération se présentaient, il pourrait en faire de même », lâchait à ce propos, Adjoumani. Et dernier coup de tonnerre, c’est l’artiste Tiken Jah qui, contre toute attente qui entonne la même chanson. Interrogé par le site dw.com, sur la question, l’artiste d’habitude très virulent, s’est voulu circonspect : « Je pense que le président Ouattara est dos au mur, aujourd’hui, parce que quand vous êtes à 3 mois de l’élection présidentielle, votre candidat, votre dauphin choisi, meurt comme ça brutalement, c’est vrai qu’il y a l’intérêt national qui est en jeu, mais il y a aussi l’intérêt de sa famille politique », laisse-t-il entendre dans la vidéo postée sur le site. Tiken Jah Fakoly a aussi fait savoir qu’il ne serait pas surpris « que le président Ouattara revienne sur sa décision ». Pour lui, « de toute façon, il a fait une ouverture. Il a dit que si le président Gbagbo et le président Henri Konan Bédié se présentaient, il allait revenir sur sa décision. Moi mon souhait, c’est que ni Gbagbo, ni Bédié, ni Alassane ne se présente. Mais Bédié a été déjà choisi par son parti. Il nous sera difficile aujourd’hui d’empêcher Ouattara de se présenter”, a-t-il justifié. Une réaction qui passe déjà comme un signe chez les internautes, notamment au PDCI-RDA. Ici, certains même croient savoir que Tiken Jah serait en mission « pour préparer les esprits à la 3è dose de Ouattara ». Dans tous les cas, le suspens ne devrait plus durer.