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Alors que le grand Abidjan a bouclé le déconfinement en Côte d’Ivoire le 15 mai dernier, des rumeurs persistantes annoncent déjà un Baby-Boom dans pratiquement 7 mois, résultats de 2 mois de confinement et de couvre-feu imposés aux populations. Nous avons enquêté…C’est dans la soirée du mardi 17 mars que les dés ont été jetés : suite aux premiers cas du Coronavirus (Covid-19) confirmés dans la capitale économique ivoirienne, l’État annonce le confinement général des populations. Les jours qui suivent voient l’arrêt de la vie dans tout le pays avec la fermeture des commerces et entreprises « non nécessaires ». Confinement, état d’urgence, couvre-feu : le cocktail parfait pour mettre le feu à la libido des couples ?. Dans les faits, confinés à la maison, contrairement à l’Europe, à Abidjan, on ne parlait pas forcément télétravail. Seules quelques grandes entreprises s’y étaient mises. Ici, pour la grande majorité, c’était plutôt des journées en demi-teinte, des séances télé quasi-interminables, restriction des mouvements et libertés individuelles… Et donc une plus grande promiscuité avec son/sa partenaire. Avec plus de temps passé à la maison ensemble. Tout pour que beaucoup ‘’prophétisent’’ un baby-boom…Et ce, dans 7 mois.

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Un confinement qui rapproche les couples

Les experts de la question sont unanimes : il y aura incontestablement un « avant » et un « après » coronavirus à Abidjan. Comme partout dans le monde. Selon ces spécialistes, impossible, pour l’instant, de prédire toutes les conséquences psychologiques, sociologiques, physiques, et économiques pour nos sociétés. Mais en attendant, à Abidjan, dans les conversations informelles et même dans les groupes sur les réseaux sociaux, les arguments et les hypothèses pour soutenir la ‘’prophétie’’ du baby-boom font florès. Tous s’accordent à dire que le confinement rapprochant les gens, la moyenne générale des ‘’connexions’’ intra-jambaires durant ces deux derniers mois, ne pouvait que prendre l’ascenseur dans les couples, du fait de la proximité. « Je dirai que ce ne sont que des déductions et qu’il ne faut pas être si catégorique», nuance Dr. Kaba F., psychologue et sexologue dans une clinique huppée d’Abidjan-Cocody. Pour lui, « c’est un peu simpliste de croire que le confinement a forcément rapproché les gens. Il suffit d’aller sur la plateforme de la Direction générale de la police nationale (DGPN), pour comprendre que le confinement a plutôt des effets négatifs sur le moral des couples. D’où les nombreuses violences conjugales qui ont fait couler beaucoup d’encre et de salive dans les médias». Ainsi, l’homme se dit presque certain que les couples qui avaient déjà quelques tensions bien avant le confinement ont « dû connaître des moments très difficiles avec le confinement» poursuit-il.

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Ramata Ly Bakayoko- Ministre de la Femme et de l’Enfant

Le confinement, source de conflit également

En ce qui concerne le baby-Boom, Dr Kaba affirme : «Dans tous les cas, il n’y a pas de règle générale. Chaque couple a son propre vécu du confinement ». Pour certains, cela a pu être l’occasion de se retrouver. Ils ont pu vivre le confinement « comme un nouvel espace-temps, pour mieux se redécouvrir, mieux s’apprécier. On avait à la fois du temps pour soi mais aussi du temps pour l’autre », continue Dr Kaba. Une période dont ils ont dû pleinement profiter donc ! Cependant, il est clair que c’est une situation qui variait selon les couples. Car, «aujourd’hui, que ce soit en Côte d’Ivoire ou ailleurs dans le monde, on a pu noter qu’il y a eu beaucoup de fluctuations au sein des couples durant cette période. Les nombreux cas de violences conjugales révélés ou restés secrets dans l’intimité des foyers confirment, si besoin est, les effets délétères du confinement sur le psychisme des couples, homme comme femme », soutient-t-il. Au demeurant, selon le spécialiste, si baby-boom il y a dans 7 mois, cela démontrerait la grande capacité de résilience des couples à Abidjan. Cela signifiera que : « contrairement à ce que les violences conjugales relevées ont donné à penser, la grande majorité des couples ont su faire preuve de créativité, et profiter pleinement du fait de se retrouver à deux», continue Dr Kaba.

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Après le déconfinement, c’est le calme plat au niveau des consultations prénatales

Au cœur de la capitale économique ivoirienne, de Port-Bouët à Yopougon, en passant par Marcory, Cocody, c’est le statu-quo dans les maternités sillonnées au lendemain du déconfinement total : pas de pic particulier dans les services de consultations prénatales. « En tout cas pas encore, peut-être qu’elles sont en route… », rigole cette gynécologue-sage-femme d’une maternité à Yopougon. « En fait, les probabilités pour avoir un baby-boom ne peuvent pas se situer dans 7 mois, mais bien plus. Disons neuf mois après la fin du confinement », rectifie Dr Kaba. Une précision surprenante mais logique, selon le spécialiste. « Pendant le confinement, la peur, la tension et le stress ont donné naissance aux violences que nous avons pu voir. Mais au sortir de la peur, de la tension et du stress provoqués par le confinement, il y aura ce qu’on appelle des ‘’pulsions de vie’’, dont fait partie la procréation. Ce sont ces pulsions qui, à mon avis, vont provoquer une montée des libidos… Et donc un baby-boom dans pratiquement neuf mois après le début du déconfinement», éclaire le docteur. Ainsi, s’il n’y a pas de règle générale pour déterminer d’un potentiel baby-boom, car c’est relatif à chacun des couples, au moins une certitude se dessine : l’instinct de survie devrait se réveiller au sortir du confinement entamé. C’est finalement lui (l’instinct de survie) qui aura le dernier mot. Ou pas. On devrait être situé bientôt… dans neuf petits mois !