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Depuis que leurs conditions de mise en liberté ont été allégées par la Chambre de la Cour pénale internationale (CPI), les partisans de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé se prennent à rêver du retour de leurs mentors sur le sol ivoirien. Les sorties médiatiques que le président du COJEP multiplie depuis lors et le silence du fondateur du FPI qui attend d’arriver en Côte d’Ivoire pour s’exprimer, selon son porte-parole, Koné Katinan, apportent de l’eau au moulin de ses partisans qui jubilent déjà à l’idée de leur arrivée prochaine sur le sol ivoirien. Des tractations souterraines auraient même commencé dans ce sens avec un certain Thabo Mbéki, l’ancien président sud-africain, chuchote-on dans le sérail RHDP. Même au sein du Front populaire ivoirien (FPI), les cadres ne cachent plus leur conviction. « Gbagbo n’a pas besoin d’autorisation pour venir en Côte d’Ivoire, son propre pays. S’il partait dans un autre pays, il aurait eu besoin d’autorisation. Mais, pour venir en Côte d’Ivoire, tout dépend de lui. Il n’a qu’à juste informer les autorités qu’il arrive, c’est tout » lançait, récemment, Assoa Adou, le secrétaire général du FPI tendance Gbagbo, apparemment très sûr du fait, eu égard à certaines informations qu’il détiendrait.

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Retour de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire-Après leur échec à la CPI-Des victimes sous le couvert du CVCI veulent se faire entendre

C’était sans compter avec un autre adversaire non moins redoutable des deux célèbres ex-détenus de Scheveningen : le Collectif des victimes en Côte d’Ivoire (CVCI). Ce mouvement qui s’est constitué au lendemain de la chute de Laurent Gbagbo en avril 2011 et qui a pesé de tout son poids pour que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé soient transférés et jugés devant la CPI vient de se signaler. Il entend s’opposer par tous les moyens au retour de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire. Sur la base d’une information livrée par APA, mardi 16 juin 2020, Issiaka Diaby, le président du CVCI, a confirmé et annoncé ce mercredi, des manifestations à venir. A suivre les explications de notre interlocuteur, la stratégie de cet adversaire oublié que Laurent Gbagbo et Blé Goudé vont devoir affronter dans leur désir de rentrer en Côte d’Ivoire s’établit comme suit : dans un premier temps, « en accord avec les victimes et à leur demande », le CVCI a, depuis, hier, mardi 16 juin, annoncé « des actions en justice », a informé le président du mouvement. Ces actions, si elles aboutissaient, devraient amener le Procureur à réagir et annoncer ce qu’encourent Laurent Gbgabo et Blé Goudé s’ils rentrent Côte d’Ivoire. En cas de blocage au niveau de la Justice ivoirienne, le CVCI passera à la phase 2 de sa lutte. « Si dans un délai raisonnable, des solutions et des règlements favorables au respect des droits des victimes ne sont pas acquis, les victimes et la CVCI se réservent le droit d’organiser des manifestations publiques », a assuré Issiaka Diaby. Pour les deux célèbres ex-détenus de Scheveningen, « la Cour pénale internationale, par sa décision, met la Côte d’Ivoire face à ses responsabilités. Il appartient à la Côte d’Ivoire de saisir cette perche-là pour regrouper ses filles et ses fils pour faire oublier cette page douloureuse que notre pays a connue », espérait Charles Blé Goudé récemment. Un espoir qui, de toute évidence, devra passer par le feu d’un adversaire qu’ils avaient sans nul doute oublié, sûrement à cause de son silence. Mais qui n’en reste pas moins redoutable.