Depuis son exil, Guillaume Kigbafori Soro est passé par tous les états. Entre révolte, résignation et autres déclarations de guerre, il en est arrivé depuis peu à l’heure des regrets. Le jour, l’on lui posera la question suivante : “S’il devrait refaire le cours de sa vie, referait-il les mêmes choix ?”. Sa réponse sera forcement, non. Tel, l’ancien président de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire est fortement consumé par le regret. A titre d’illustration, la rétrospective dans laquelle il s’est engagée ces derniers temps afin de rappeler à la mémoire collective ses faits d’armes. Lesquels faits dans leur analyse pour la petite histoire mettent Guillaume Kigbafori Soro en scène avec des personnalités politiques Ivoiriennes. Entre autres, Yassingbé Eyadema père, ancien président du Togo, Thabo Mbeki ou encore Omar Bongo, anciens présidents de l’Afrique du Sud et du Togo. Lesquels personnages rappellent la triste période de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Lorsque pour un motif qui cachait bien un agenda, celui de l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir par les armes, Guillaume Soro n’avait pas hésité à diriger une rébellion qui portait les idéaux de son mentor. Après 9 années de belligérance, Laurent Gbagbo, fatigué d’une situation de ni paix, ni guerre lâchait du lest. Alors que le désarmement n’avait pas été effectif. D’autant plus que l’objectif n’avait pas changé. A défaut de gagner par les urnes, Alassane Ouattara a activé sa branche armée tenue par Guillaume Soro. Résultat final, la crise post-électorale d’avril 2011. Après avoir enjambé les corps, Alassane Ouattara est installé dans le fauteuil présidentiel.

Lire aussi : Côte d’Ivoire-Guillaume Soro-Etat de santé des leaders politiques-Communication tous azimuts des cyberactivistes proches de Générations et Peuples Solidaires-La jeunesse du parti se désolidarise : “Il mérite mieux”

Guillaume Soro-Le temps des récompenses

Devenu ministre grâce à la rébellion, Guillaume Kigbafori Soro conforte sa position de premier ministre en 2011 lorsqu’Alassane Ouattara accède au pouvoir. Il est l’homme fort du régime. L’homme à tout faire, premier ministre et ministre de la défense. La lutte fratricide qu’il a menée contre la nation au profit d’Alassane Ouattara aura enfin payé. Mais là où le bat blesse, comme toute rébellion, tout soulèvement armé mange ses enfants d’une manière ou d’une autre. Les exemples des Jonas Savimbi et autres Foday Sankoh sont encore vivaces dans les esprits. Quand Alassane Ouattara décide de se débarrasser de celui qui l’a fait roi, il sent le coup venir. Guillaume Soro veut prendre lui-même le devant des choses. Mais il est déjà trop tard. Et comme pour attester de la curieuse prophétie de Laurent Gbagbo : “Vous me combattez pour une personne que vous ne connaissez pas. Les plus chanceux d’entre vous se retrouveront en exil, les moins chanceux, seront deux pieds sous terre”. Depuis le décès d’Hamed Bakayoko, la peur panique s’est littéralement emparée de Guillaume Soro. Il est happé par le regret même s’il se console de la joie d’être encore en vie. Il est clair qu’il doit être en train d’écrire ses mémoires ou un ouvrage, au point de se rappeler bien de maximes comme celui publié ce mercredi matin : “Il s’en vient forcément dans la vie, le temps du regard rétrospectif, ici, le mien. Méditons sur l’ingratitude et voyons ce qu’en dit, Alexandre Dumas : “Il y’a des services tellement grands qu’on ne peut les payer que par l’ingratitude…Je l’ai vécu en direct”. Devrait-on trouver à commenter une telle assertion ?. Le regret est implacable. Consumé par celui-ci, Guillaume Soro ne trouve autre réponse, que l’ingratitude dont il serait victime, selon lui. Et pourtant…la réalité est toute autre.