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Conduit à sa dernière demeure, vendredi 17 juillet dernier, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, n’a pas emporté que la carte de candidat du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) avec lui. Il a aussi emporté la montre du parti. Depuis le décès du dauphin désigné, le 8 juillet, le moins que l’on puisse dire, c’est que personne ne joue la montre au RHDP. En tout cas pas le président Alassane Ouattara qui n’a même plus le temps de consulter sa montre. Mais aussi et surtout pas les deux clans connus, pro-Hamed Bakayoko et pro-AGC qui se taclaient déjà du vivant du dauphin. Moins de 48 heures seulement après l’inhumation du désormais ex-candidat du RHDP, les deux clans ont déterré de plus bel la hache de guerre soigneusement rangée sous les boubous blancs du deuil du Premier ministre.

Alassane Ouattara-Quand ses seconds couteaux s’agitent !

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A peine rentré de Korhogo, entre des conclaves et des coups de fils à des journalistes pour des scoops, la bataille, s’est étalée au grand jour. En manchette des journaux parus ce lundi, l’on y voit des partisans d’Hamed Bkayaoko et ceux de AGC s’empoigner à coup de déclarations et argumentaires contradictoires. Le clan AGC, dans sa logique de « Tout sauf Hambak », a, depuis, reporté son choix sur le président sortant. Ici, Adama Bictogo et Kobenan Kouassi Adjoumani sont tout feu tout flamme sur les journaux, même ceux dit neutres. Pour le premier, « le seul choix qui vaille [après le décès d’Amadou Gon Coulibaly], c’est Ouattara », tandis que le ministre Adjoumani, lui, a ‘’posté’’ une longue lettre ouverte à Alassane Ouattara pour le « supplier » de revenir sur sa décision de ne pas briguer un troisième mandat. « Ceux qui poussent Ouattara à être candidat sont dans l’émotion », rétorque le Député RHDP Alain Ekissi. Puis l’élu pro-Hambak assumé de clamer que « Après Hamadou Gon, c’est Hamed Bakayoko ». Mais, et si cette guéguerre dont les débris viennent de se déverser dans les journaux ce matin était, en réalité, l’arbre dont on veut se servir pour cacher la forêt de la candidature « bouclée et gérée » d’Alassane Ouattara ? Les confidences échappées de proches du défunt Premier Ministre et de témoins des conclaves tenus à Korhogo, en marge des obsèques du Premier ministre, entre le 15 et le 17 juillet inclinent à le penser.

Alassane Ouattara va nommer un nouveau Premier Ministre avant la déclaration de sa candidature

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Etreint par la douleur d’une part et pris par le temps (nomination d’un Premier ministre, nomination d’un vice-président, choix d’un nouveau candidat) d’autre part, le parti au pouvoir a profité de son séjour dans la capitale du Poro, loin des bruits d’Abidjan pour faire d’une pierre deux coups. En marge du calendrier officiel des obsèques de l’illustre disparu, les cadres du parti se sont retrouvés en conclave pour travailler sur l’agenda secret et urgent du parti : la désignation du nouveau candidat RHDP à l’élection présidentielle. A l’issue des discussions ouvertes mercredi 15 juillet, c’est dans la matinée du vendredi 17 juillet, aux environs de 10 heures, peu avant le rendez-vous de la grande mosquée pour la prière mortuaire que la décision est tombée : « Alassane Ouattara va bel et bien briguer un troisième Mandat », confirme notre source, sûre de son fait. Dans cette dynamique et à moins d’un revirement inattendu, apprend-elle, Ouattara fera son annonce avant fin Juillet. Mais avant, il nommera dans les jours à venir Hamed Bakayoko à la Primature. Puis début Août, Patrick Achi à la Vice-présidence. Pour en arriver à cette « entente », il aura fallu des heures de débats houleux, avec des « caciques du parti » qui se voulaient fermes et catégoriques, voire quelquefois menaçants devant un Alassane Ouattara visiblement pris en otage. Et lorsque dans les vagues houleuses des arguments qui s’entrechoquaient, le Président réussit la prouesse d’en placer une, pour dire qu’il a déjà confirmé au Ministre français des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian ainsi qu’au Président Sénégalais, Macky Sall qu’il respecterait sa parole donnée le 5 Mars 2020 à Yamoussoukro, c’est le choc dans l’Assemblée. La tension, palpable, est montée d’un cran. Et pour cause ? « Nous sommes tous d’accord que ce n’est pas la Communauté internationale qui vote en Côte d’Ivoire », argue notre source bien introduite. Qui estime, comme toute l’Assemblée dont des chefs de l’Armée présents à cette réunion, que le plus important, sera de pouvoir imposer la candidature du président. Pour cela, « un appui des Troupes » sera nécessaire pour étouffer ou mater toute contestation qui pourrait subvenir après l’annonce, informe notre source.

Alassane Ouattara-Ce que ses partisans lui ont dit !

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Dans cette dynamique, des chefs de l’Armée bien connus comme proches de Ouattara et dont nous taisons les noms ici – en attendant confirmation – auraient rassuré le président en ces termes : « Monsieur le Président, de toutes les façons, c’est avec celui qui a le pouvoir que les Blancs travaillent. Les cas sont nombreux sur le continent. N’ayez pas peur, nous sommes prêts, dormez tranquille ! » Vrai ? Faux ? Toujours est-il que parallèlement à la rencontre avec Ouattara, un autre conclave ayant réuni Hamed Bakayoko et Birahima Ouattara est signalé. Il s’est agi, selon nos sources, d’aplanir certains désaccords nés de la décision de Ouattara de ne pas faire la passe à Hamed Bakayoko, alors qu’il avait été arrêté qu’après Amadou Gon, c’est lui. Le frère cadet du Président connu comme l’un des bras droits de Hambak aurait ainsi réussi à convaincre le ministre de la Défense. Pour « coordonner, rassembler et fusionner toutes leurs forces fidèles au sein de l’Armée ivoirienne en vue de contenir d’éventuels soulèvements ou contestations dans le pays », selon les mots de notre source. Au demeurant, les premières pièces des conclaves de Korhogo sont visibles depuis ce lundi matin, avec le lancement des premiers ballons d’essai. Outre ces ballons lancés dans les différents journaux afin de commencer à préparer déjà les esprits à la candidature d’Alassane Ouattara, des missions validées de Chefs traditionnels et d’Imams sont annoncées, dès la semaine prochaine, sur l’ensemble du territoire national pour appeler à un soutien indéfectible à la candidature d’Alassane Ouattara. Autour du décès de son dauphin à 3 mois de l’élection qui l’aurait obligé à rempiler, l’on a concocté un véritable dossier d’arguments qui seront brodés au fur et à mesure par les caciques du parti. Quoiqu’il en soit, le jeu électoral ivoirien dont l’un des points d’orgue sera marqué le vendredi 31 juillet prochain avec le bouclage des dépôts de candidature, semble bien loin d’épuiser sa réserve de secrets…et de surprises.

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