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Depuis Bruxelles où il réside suite à sa mise en liberté sous condition, l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, suit de très près l’actualité socio-politique de son pays. C’est dans cette dynamique qu’il a lancé une « initiative » pour des élections apaisées en 2020. C’est son porte-parole, Justin Koné Katinan, actuellement en exil au Ghana, qui a livré le message à lui confié par l’ancien président ivoirien. Dans son annonce aux Ivoiriens, Laurent Gbagbo note « que la généralisation de la violence électorale met en péril la démocratie à laquelle le peuple de Côte d’Ivoire aspire profondément et légitimement (…) C’est pourquoi il lance cette initiative pour une élection sans violence », a expliqué le ministre Katinan. Aussi, le porte-parole, sur recommandation de son patron, a instruit le Front populaire ivoirien (FPI) afin de piloter de bout en bout ce projet. « Il s’agit pour le Fpi et ses alliés d’entreprendre en amont toutes les démarches nécessaires en direction à la fois des acteurs politiques, des leaders d’opinion de la société civile et religieuse ainsi que des représentations diplomatiques présentes dans notre pays, à l’effet de travailler à la pacification du cœur et de l’esprit de chacune et de chacun de nos compatriotes de sorte à les incliner vers cet objectif vital pour notre jeune démocratie », éclaire, en substance, M. Katinan.

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Laurent Gbagbo-Cette réputation qu’on lui collait il y a neuf ans

Mais bien au-delà de l’objectif premier de « travailler à intégrer un esprit collectif de démocratie dans notre société », le message de Laurent Gbagbo, passé au crible de l’actualité socio-politique de la Côte d’Ivoire depuis le 11 avril 2011, revêt aussi et surtout un second objectif et non des moindres. Ici, Laurent Gbagbo y brise un mythe que l’on lui collait à la peau depuis 9 ans. De fait, au lendemain de sa chute, en 2011, Jeune Afrique, sur la base d’une analyse graphologique, réalisée quatre ans plus tôt, décrivait Laurent Gbagbo comme un homme qui « s’identifie complètement à son personnage sans se dévoiler pour autant à titre personnel, qui répond au doute par l’attaque et l’orgueil, sur qui l’affectif et la sensibilité n’ont pas de prise […] qui joue sur son autoritarisme et son besoin de puissance, dont l’ego et la détermination composent une personnalité de style paranoïaque avec un mode de conduite à la fois profondément structuré et définitivement inamovible ». Vrai ? Faux ?.

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Laurent Gbagbo présente ses excuses

Pendant les 9 années de sa chute marquées par son procès marathon à la Haye au Pays-Bas, les détracteurs et adversaires politiques de l’ancien président ivoirien ne manquaient aucune occasion d’en remettre une couche à cette analyse. Au nombre des plus incisifs, Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes de la crise Ivoirienne (CVCI), n’a de cesse de reprocher à l’ancien président son manque total de compassion pour les victimes de la crise postélectorale et rappeler l’absence d’excuses publiques de Laurent Gbagbo, alors que la quasi-totalité des protagonistes de la crise postélectorale de 2010 s’étaient livrés à l’exercice. Dans son message à 4 mois des élections présidentielles – la 2è depuis sa chute – et 9 ans après la crise la plus meurtrière de l’histoire de son pays, Laurent Gbagbo vient de casser cette image qui lui collait à la peau et qui revenait toujours dans certains débats : « […] Le Président Laurent Gbagbo profite de la présente tribune pour présenter ses sincères condoléances aux familles des personnes tuées, un prompt rétablissement aux blessés et apporte son soutien à la République en ces circonstances douloureuses », peut-on lire à partir du 2è paragraphe de son message délivré par Koné Katinan. De son arrestation à sa mise en liberté en passant par ses comparutions et ses nombreux messages livrés par Koné Katinan, c’est bien la première fois que l’ex-président présente publiquement et solennellement « ses sincères condoléances aux familles des personnes tuées, un prompt rétablissement aux blessés ». Au demeurant, pour conduire à bien ce projet, Laurent Gbagbo a porté son choix sur Massany Bamba, vice-présidente du FPI. L’ancienne députée de Port-Bouët (sud d’Abidjan) est chargée de « constituer une équipe de personnes originaires de toutes les grandes régions du pays, sans distinction aucune de sensibilité politique, pour délivrer aux populations, un message de paix et de démocratie dans tout le pays ».

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