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Le Front populaire ivoirien (FPI) et le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ont confirmé ce mercredi 3 juin, leur rapprochement. Au sortir d’une réunion du Comité national paritaire de collaboration (CNPC) mis en place par les deux partis, à laquelle ont participé Assoa Adou, le secrétaire général du FPI, et Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif du PDCI-RDA, les partis de Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié ont appelé leurs militants « à travailler de concert sur toute l’étendue du territoire pour la réconciliation et le retour de la paix » afin de « traduire en actions communes » les engagements pris dans l’accord-cadre de collaboration du 30 avril 2020. Pour la première fois, les dirigeants du FPI et du PDCI-RDA demandent surtout à leurs adhérents de collaborer pour préparer la prochaine présidentielle, dont le premier tour est programmé le 31 octobre 2020. Ainsi, tous les responsables de base des deux partis sont appelés à mettre l’accent dès maintenant sur la nécessité pour leurs militants de se faire établir leurs cartes nationales d’identité et de s’inscrire massivement sur les listes électorales. Après la signature, le 30 avril dernier, d’un « accord-cadre de collaboration » portant sur un projet commun de réconciliation nationale, le FPI et le PDCI-RDA viennent de franchir ainsi un nouveau pas dans leur stratégie de reconquête du pouvoir à la prochaine élection présidentielle. Mais à en croire certaines indiscrétions au sein du parti cher à Henri Konan Bédié, ce rapprochement ne conduira pas au choix consensuel d’un seul candidat pour porter les chances de l’opposition. « L’objectif premier est de faire front face au Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), notre adversaire commun », précise ce cadre PDCI avec qui nous avons échangé.

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Alliance FPI-PDCI, il ne sera pas question d’une candidature unique

A moins d’un changement de plan de dernière minute, le schéma sur lequel le PDCI et le FPI travaillent est déjà arrêté, apprend-on au sein du FPI. « Face au pouvoir Ouattara, chaque parti aura à présenter un candidat pour le premier tour le 31 octobre. C’est seulement à l’issue du premier tour et en fonction du rang de l’un et l’autre que le candidat de l’opposition sera désigné avec l’option d’un transfert des voix de l’autre au candidat qui deviendra, de facto, le candidat de l’opposition », clarifie ce cadre du FPI proche de Laurent Gbagbo. Cette stratégie qui a permis au RDR d’Alassane Ouattara d’accéder au pouvoir en 2000 devrait produire les mêmes résultats « si tout se passe dans la transparence », souligne un cadre du PDCI. Qui martèle à qui veut le contredire que « depuis ces 15 dernières années, il est mathématiquement prouvé qu’un seul parti politique ne peut gagner une élection en Côte d’Ivoire. Même des sondages les plus sérieux l’ont démontré ». En attendant, dans le camp du FPI de Laurent Gbagbo, on se satisfait déjà de ce rapprochement FPI-PDCI qui renforcerait, selon certains, la conviction que Laurent Gbagbo reste un fin stratège politique. « Lors de la crise de 2000, tous les observateurs s’accordaient pour dire qu’aucun parti en Côte d’Ivoire ne peut gagner une élection en cas d’alliance entre deux des trois plus grands partis. La roue tourne, c’est au tour de Ouattara de faire face à cette vérité avec l’alliance FPI-PDCI » Pour rappel, en 2010, le premier tour de l’élection donnait à Laurent Gbagbo, président sortant 38,04 % des voix, suivi d’Alassane Ouattara, 32,07 %, et Henri Konan Bédié (25,24 %).

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