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C’est l’épilogue d’une comédie qui se jouait depuis 2019 au cœur du pouvoir RHDP. C’est du moins ainsi que ce « proche du dossier Duncan » comme lui-même a choisi de se faire appeler, présente la démission de Daniel Kablan Duncan de son poste de Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire. Ce qui avait commencé à circuler comme un potin ces derniers jours, est finalement devenu une information confirmée via un communiqué lu par le Secrétaire général de la Présidence. « Le Vice-Président de la République, Monsieur Daniel Kablan Duncan, a remis au Président de la République, Monsieur Alassane Ouattara, sa démission du poste de Vice-Président de la République pour des raisons de convenances personnelles » a lu Patrick Achi, ce lundi sur la 1ère chaine de la télévision nationale.

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Daniel Kablan Duncan-Démission ou licenciement déguisé ?

Mais pour le « proche du dossier Duncan » qui est, en réalité, à la base de la rumeur déclenchée sur Facebook tout le week-end, il ne faut pas laisser la proie d’un « licenciement déguisé » pour l’ombre de la démission évoquée. Et pour cause ? « Lorsqu’en tant que Vice-président, c’est-à-dire l’alter ego du Président Alassane Ouattara, on vous dépose là, sans portefeuille, sans budget, sans aucun dossier, voire même sans bureau ; lorsque vous n’êtes informés des activités, réunions, conclaves, décisions du RHDP que par la presse ; lorsque vous n’êtes consultés sur aucun dossier concernant la vie du RHDP ; lorsque vous avez juste été informé du choix d’Amadou Gon Coulibaly comme successeur d’Alassane Ouattara et candidat du RHDP ; lorsque vous vous retrouvez entre deux clans, pro-Gon et pro-Hamed Bakayoko, qui se disputent en sous-main l’après-Ouattara… Sur la route qui mène à l’élection qui doit signer le retrait du président Alassane Ouattara des affaires, ça fait réfléchir… et même regretter », énonce-il. Au demeurant, si Alassane Ouattara a mis tant de temps – officiellement depuis février 2020 – pour entériner la démission de son « très dévoué et fidèle collaborateur » comme le qualifiait il y a quelques jours encore Yao Noël, cet autre proche du désormais vice-président, c’est surtout qu’il avait espéré pouvoir trouver un terrain d’entente. Du moins jusqu’à l’élection présidentielle du 31 octobre prochain que le Président Ouattara comptait aborder en misant sur l’union sacrée autour du parti.

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Daniel Kablan Duncan-Une démission en plein deuil national

« Mais lorsqu’en tant que vice-président, c’est-à-dire alter égo du président Alassane Ouattara, tu as vu les énergies dépensées autour du Premier ministre avant, pendant et après sa maladie ; lorsque tu as vu comment la question de son intérim a été gérée ; lorsque tu vois comment tu es royalement oublié dans toute cette vie du parti RHDP ; lorsque depuis le décès du dauphin, le 8 juillet , tu vois comment tu es mis en confinement dans les préparatifs des obsèques ; lorsque tu vois comment le cynisme a été poussé jusqu’à biffer ton nom sur tous les documents officiels relatifs aux obsèques du Premier ministre… Tu ne peux que relancer ton patron pour la publication de ta démission… », croit savoir le « proche du dossier Duncan ». Au bureau annexe du RHDP à la rue Lepic à Cocody, il se murmure que depuis le décès d’Amadou Gon Coulibaly, le président Ouattara est devenu un tantinet irritable. Si bien que lorsqu’il a eu vent de ce que la nouvelle de la démission de Duncan circulait déjà sur les réseaux sociaux ce week-end, il s’est senti offensé. Et a décidé d’« en finir lundi avec cette affaire ». Peu importe si le deuil national décrété suite au décès du premier ministre ne s’y prête pas. C’est ainsi, apprend-on, que le Secrétaire général de la Présidence a été appelé et chargé de rédiger le communiqué à lire à la première heure de ce lundi. Si ces allégations restent encore difficiles à vérifier, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à la rue Lepic, plus que la démission du vice-président, c’est le contexte dans lequel elle intervient qui semble choquer. « Lui aussi, il aurait pu quand même attendre après l’enterrement du premier ministre ! Même si on dit… », s’indigne-t-on, en clouant Daniel Kablan Duncan au pilori. Officiellement, selon le Secrétaire général de la Présidence, Daniel Kablan Duncan a adressé sa correspondance au Président Ouattara depuis le 27 février 2020. Par la suite, a poursuivi l’homme, le Président Ouattara et son désormais ex-Vice-Président auraient eu plusieurs entretiens, dont le dernier a eu lieu, le mardi 7 juillet dernier. Avant que le chef de l’État ne prenne acte de cette démission, et ne signe le décret qui l’a entériné, le 8 juillet dernier.

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