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Dans le cadre des fonds que le gouvernement recherche auprès des partenaires financiers de la Côte d’Ivoire et des dons qu’il reçoit de certaines entreprises pour faire face à la pandémie du COVID19, il a été mis en place pas moins de 5 structures de gestion. Qui fait quoi ? Qui donne quoi ? Qui assure quoi ? Qui garantit quoi ? Comment tout cela va se gérer ? Dans une contribution publiée à cet effet, Jean Bonin, juriste et cadre du Front Populaire Ivoirien, tire la sonnette d’alarme sur ces questions qui circulent dans la cité. Il juge ces structures « budgétivores » avec le risque d’engloutir les milliards mobilisés au détriment de la lutte contre le Covid-19 à proprement dite.

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FSSSUH, FSPME, FSGE, FAASI, CIMP…cinq fonds pour le coronavirus

Il s’agit notamment du FSSSUH, Fonds Spécial de Solidarité et de Soutien d’Urgence Humanitaire, dénommé Fonds Spécial de Solidarité COVID-19. Le montant alloué à ce fonds, contrairement aux autres fonds, n’est curieusement pas annoncé. Seconde structure, le FSGE, Fonds de Soutien aux Grandes Entreprises, dénommé FSGE COVID-19. Ce fonds est doté d’une enveloppe de 100 milliards de francs CFA. Nous avons le FSPME COVID-19. Ce fonds est doté d’une enveloppe de 150 milliards de francs CFA. Le secteur informel a un fonds dédié, dénommé le FAASI, Fonds d’appui aux acteurs du secteur informel. Le montant de ce fonds, contrairement aux autres fonds n’est lui aussi pas indiqué dans le communiqué du Conseil des ministres. Enfin, le CIMP mis en place dans le cadre de la gouvernance simplifiée. Le CIMP est le Comité interministériel des matières premières (CIMP) piloté par le Premier ministre. Ce comité, supervisé par le premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, va gérer un montant de 300 milliards de francs CFA. Pour Jean Bonin, « quel est l’intérêt de créer autant de structures de gestion de fonds lorsqu’on sait que ce type de structure s’avère extrêmement budgétivore et demande un certain temps pour être opérationnel. Or, l’argent fait cruellement défaut et le peu actuellement disponible ne devrait pas être dilapidé dans des salaires de DG ou PCA de gestion desdits fonds. Sans compter tout le personnel, les équipements de bureau et autres charges liées à l’installation du fonds (loyers, véhicules…) ».

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Fonds du coronavirus-300 milliards de Fcfa gérés par le premier ministre Amadou Gon Coulibaly

Dans cet élan, l’homme relève la pression du temps au regard de l’accroissement quotidien du nombre de contaminés en Côte d’Ivoire. « Or, par expérience, nous savons que l’installation d’un fonds prend du temps (achats des équipements de bureau, recrutement du personnel…) », écrit-il. Dans ses propositions au gouvernement ivoirien, Jean Bonin souligne : « À l’instar d’un ministère de l’Économie et des Finances qui gère ou supervise l’ensemble des fonds d’un pays (sauf le budget de souveraineté de la présidence qui lui est directement géré par la présidence elle-même) il aurait été plus simple de créer un seul comité de gestion avec, en tant que de besoin, des directions spécialisées. ». Procéder ainsi, selon l’expert, permettrait de mutualiser les ressources financières, humaines et les charges incompressibles. « C’est une exigence de bonne gouvernance. Mais c’est aussi un impératif élémentaire de transparence et d’optimisation de la gestion des fonds publics et privés mis à la disposition de l’Etat », rappelle-t-il. Avant de conclure que la création de cette pléthore de fonds de gestion pour une seule et même crise cache des desseins politiques avec pour point de mire l’élection présidentielle d’octobre 2020.

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