Lors de sa toute première comparution le 5 décembre 2011 devant la Cour Pénale Internationale, Laurent Gbagbo disait : “C’est l’armée française qui a fait le travail”. Cette affirmation avait par ailleurs fait l’objet d’une plainte déposée le 5 juillet 2011 en France par les soins de ses avocats d’alors maître Jacques Vergès, Roland Dumas et Marcel Ceccaldi. Après son acquittement définitif intervenu le 31 mars dernier, selon son entourage, la plainte portée devant les juridictions françaises vient d’être réactivée. En effet, Laurent Gbagbo a porté plainte contre l’armée française pour “tentative d’assassinat”. Après dix ans de procès, les charges de “crimes contre l’humanité” qui pesaient sur l’ancien chef d’Etat Ivoirien n’ont pu être prouvées. Et pire, “le plan commun” allégué en complicité avec Charles Blé Goudé, n’a lui aussi pas été démontré. Avec le procès que Laurent Gbagbo va intenter contre l’armée française, sa défense aura suffisamment de preuves pour se faire entendre. Avec bien d’images qui l’attestent, la force française avait largué plusieurs bombes contre la résidence qu’occupait le président de la République qu’il était, comme il l’aura si bien relaté devant la CPI : “J’ai été arrêté dans les décombres de la résidence officielle du chef de l’État qui a été bombardée du 31 mars au 11 avril. Le jour de l’assaut final, une cinquantaine de chars français ont encerclé la résidence.

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C’est l’armée française qui a fait le travail. Les forces régulières étaient alors de mon côté. Le ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro, est décédé devant mes yeux. Mon médecin personnel, le Dr Christophe Blé, a également failli mourir…”. Un récit corroboré par plusieurs témoignages, notamment celui d’un ancien militaire qui répond du pseudonyme de Peter 007. Alors dans la garde présidentielle, et ayant vécu les derniers assauts de l’armée française contre la résidence du chef de l’état à Cocody, il confiait à Actupeople.net à la faveur d’une interview ceci : “Ce sont des choses que l’on vit. ça n’a pas été du tout facile. Au niveau du GSPR, nous étions plus de 300 éléments. Nous étions près de 50 militaires à la résidence. Le dernier jour où c’était vraiment chaud, mon père m’a appelé pour me dire que l’armée française allait bombarder la résidence présidentielle. La décision a été prise depuis Paris. Un lundi vers 18 heures, des hélicoptères français tournaient autour de la résidence. Et tout un coup, on voit des bombes être larguées sur la maison du président. En tant que militaire, nous nous sommes refugiés dans les caniveaux. Outre les hélicoptères, il y avait des miliaires français au sol et des snipers qui étaient perchés. C’est l’un des snipers qui a même tué le colonel Babli Alphonse parce qu’il sortait de la résidence..”. Un témoignage éloquent et bien d’éléments filmés qui seront utiles pour ce procès qui va s’ouvrir bientôt.