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Viré du gouvernement depuis le mois de mars, à quoi joue Albert Mabri Toikeusse, qui continue de porter la casquette de 2è Vice-Président du RHDP sur sa veste de Président de l’UDPCI ?. À quatre mois de l’échéance du 31 octobre 2020, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Albert Mabri Toikeusse semble plus embarqué dans un tango qu’une marche claire à la conquête du fauteuil présidentiel. Récemment à l’ouest dans le cadre d’une tournée aux contours peu connus, c’est sur son compte Twitter que le président de l’UDPCI lèvera un coin du voile. « En visite dans la région du Tonkpi, j’ai été heureux de rencontrer les jeunes, les femmes et la chefferie coutumière des départements de Man et de Biankouma. Nous avons eu des échanges fructueux sur des sujets d’intérêt commun », a déclaré l’ancien ministre. Sans daigner préciser le contenu des sujets abordés. En tournée également à Biankouma (région du Tokpi) pour ‘’vendre’’ Amadou Gon Coulibaly, le candidat du RHDP, le ministre Sidiki Konaté qui semble avoir été informé du contenu des échanges que Mabri a eu avec ses ‘’parents’’ de l’Ouest, a mis en garde. « Nous n’allons plus tolérer les langages xénophobes à l’ouest. Que les candidats défendent leur programme plutôt que de tribaliser le débat politique », a dénoncé le coordonnateur du RHDP Tonkpi.

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La réponse cinglante d’Albert Mabri Toikeusse aux propos de Sidiki Konaté

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Fouetté, le président de l’UDPCI sort de son silence et livre enfin, quelques morceaux de ses échanges. « Un département comme Zouan-Hounien, qui depuis 30 ans, contribue à la richesse de la Côte d’Ivoire, pas seulement au plan agricole, mais au plan minier, ce département-là ne peut pas rester sans routes. Quand on le dit, on a raison… Quand je le dis, ce n’est pas un tribalisme, c’est demander la justice », a aussitôt rectifié l’ancien ministre de l’Enseignement technique, ce lundi 15 juin. Poursuivant, il s’est indigné des menaces de Sidiki Konaté disant que le développement ne viendra pas aux localités qui voteront pour l’UDPCI au scrutin présidentiel. « Peut-être qu’il pense que tout le monde ici est idiot et qu’ils ne peuvent pas comprendre. Ce n’est pas à ceux que tu dis ça qu’il faut considérer comme des gens qui ne comprennent rien. Soit toi-même tu fais exprès, soit toi, tu ne comprends rien. » a-t-il martelé. Puis de souligner que le candidat élu au soir du 31 octobre sera le président de tous les Ivoiriens. Et donc, son projet de société s’étendra à toutes les localités, et non aux seules régions où il a réalisé de bons scores. Au sein de l’UDPCI, c’est la quasi-unanimité : cette réaction que Mabri a voulu « cinglante et directe » viserait à prouver, si besoin en était, la profondeur du fossé qui s’est creusé entre lui et ses ex-camarades du RHDP. Mieux, comme depuis le début, quand il était encore au Gouvernement, tous à l’UDPCI, continuent de soutenir que leur mentor devrait briguer la magistrature suprême. Même si le cours de l’histoire et les postures de l’homme, offrent moins de visibilité dans ce sens, à quatre mois du rendez-vous.

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Albert Mabri Toikeusse-Les menaces du pouvoir font qu’il a du mal à avoir une position claire

Le 5 mars 2020, Alassane Ouattara annonce son retrait de la course à la présidentielle du 31 octobre 2020. Lors du conseil politique du RHDP, le président sortant annonce Amadou Gon Coulibaly comme le candidat des Houphouëtistes. Albert Mabri Toikeusse, le vice-président du RHDP exprime publiquement son désaccord quant au mode opératoire. Cette ‘’rébellion’’ est très modérément appréciée par le président Ouattara ainsi que la galaxie RHDP. Le patron de l’UDPCI est éjecté quelques semaines après de son ‘’tabouret’’ de ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Mais quelques jours après son limogeage, coup de tonnerre : le président de l’UDPCI pond un communiqué, prenant « acte des résolutions du conseil politique du RHDP du 12 mars 2020 désignant Monsieur Amadou Gon Coulibaly comme candidat du RHDP à l’élection présidentielle d’octobre 2020 ». Plus encore : le communiqué réaffirme même l’appartenance de son parti à la famille des Houphouëtistes. Dernier événement en date, le président de UDPCI a procédé le 04 juin dernier à des nominations (des membres des Secrétariats régionaux) au sein de son parti. « Nous venons de mettre en place le commando qui va conduire les opérations pour l’élection du président Mabri au soir du 31 octobre », soutient Mamadou Coulibaly, Secrétaire régional d’Abidjan-Centre. A quoi riment toutes ces contradictions et ces paradoxes que Mabri Toikeusse semble cultiver depuis ? Pourquoi la démission de son poste de 2è vice-président n’est pas « à l’ordre du jour » (dixit Mabri lui-même) ?…

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Albert Mabri Toikeusse rattrapé par le RGHP ?

El Hadj Mamadou Traoré croit connaitre les raisons qui poussent l’homme politique à danser le tango plutôt que de s’affranchir définitivement du RHDP et s’affirmer en ouvrant un front de combat contre ses anciens camarades. Pour ce proche de Guillaume Soro, l’ex-ministre est l’objet de menace de la part du pouvoir. « Je dirai qu’il est victime du chantage qu’on lui fait. En effet, des menaces de poursuites judiciaires contre lui ont été brandies par des envoyés du RHDP », informe clairement El Hadj Mamadou Traoré. Poursuivant, il révèle : « Ils lui ont fait savoir clairement que s’il décidait de s’opposer au choix de leur gourou, il serait passible de poursuites judiciaires sur plusieurs dossiers qu’il a eu à gérer. Ils ont brandi par exemple le dossier d’un supposé scandale du recensement général de la population », croit savoir l’homme. Qui rappelle également que le pouvoir a « mis en mission un député pour lui rappeler qu’il lui devait plus d’un milliard ». En mai 2019 en effet, Kaba Nialé, ministre du Plan et du Développement chargé du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2019, faisait cette révélation : « Le dernier recensement a eu lieu en 1998. Celui de 2014 a souffert. Nous avons voulu corriger, mais c’était difficile. Il a souffert de nombreuses difficultés techniques, la cartographie n’a pas été corrigée. Aussi au niveau du dénombrement, les agents recenseurs n’ont pas pu avoir accès à des populations », a-t-elle déclaré lors de l’émission ‘’Les Rendez-Vous du Gouvernement’’. Même si la ministre impute cet échec à « certains messages » appelant une frange des populations à ne pas se faire recenser, la responsabilité de Dr Mabri Toikeusse est clairement engagée. La conduite chaotique de l’opération de 2014, des agents recenseurs invisibles sur le terrain, une méthode de recensement inappropriée, sont autant de griefs retenus contre l’alors président du Conseil régional du Tonkpi. Et pourtant, initialement prévue pour coûter 10 milliards FCFA en 2011, l’opération est passée à 12 milliards FCFA en 2013, pour atteindre finalement 15 milliards de FCFA dégagés par le Gouvernement. Dans le sérail RHDP aujourd’hui, on ne cache plus que l’échec du RGPH de 2014 est dû au détournement de ces fonds mis à la disposition du ministre Mabri Toikeusse. En somme, Mabri a beau nourri son envie d’indépendance, il est clair qu’il a son doigt dans la bouche du RHDP. Et le sort appliqué à Soro est là pour rappeler que dans le jeu de conquête du pouvoir, la ‘’résurrection’’ des dossiers qu’on croyait mort reste un joker redoutable. Tant qu’il est tenu par le pouvoir en place.

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