Ce lundi 7 décembre 2020, cela faisait 27 ans que disparaissait le père de la nation Ivoirienne, Félix Houphouët Boigny. C’est lui, qui, en 1990, alors qu’il n’était pas connu de la classe politique d’alors, imposait Alassane Ouattara comme premier ministre. A partir de 1992, là, où le dialogue était le maitre mot, des lois répressives comme la loi anti-casses voit leur introduction dans l’espace politique Ivoirien. Le 7 décembre 1993, au décès d’Houphouët Boigny, alors que les textes étaient clairs quant à sa succession ( des dispositions de la constitution ), Alassane Ouattara crée une crise interne. La suite, on la connait. L’on assiste au tout premier coup d’état de l’histoire de la Côte d’Ivoire en décembre 1999. Depuis cette date, l’on n’a plus vraiment connu la paix sur les bords de la lagune Ebrié jusqu’à ce jour. Lorsque Laurent Gbagbo est élu en Octobre 2000, Alassane Ouattara et le RDR, bien que n’ayant pas pris part aux élections veulent contester sa victoire arrachée au forceps par le peuple face à un Robert Guéï, décidé à confisquer le pouvoir d’Etat. La gouvernance de Laurent Gbagbo démarre sur des chapeaux de roue. Mais n’empêche, sachant le tissu social profondément dégradé, il organise le forum de la réconciliation nationale en 2001, donnant ainsi sa chance aux Ivoiriens, de vivre dans un environnement apaisé. Malgré le coup d’Etat auquel il fait face le 19 septembre 2002, il continue les efforts de réconciliation, de sauvegarde de l’unité et de la cohésion sociale jusqu’à la barbarie des forces françaises, qui le 11 avril 2011 arrivent à l’éjecter alors qu’il ne demandait que le recomptage des voix suite à une crise post-électorale. Lorsqu’Alassane Ouattara arrive au pouvoir en 2011, voici les concessions qu’il a faites pour la réconciliation et la paix sociale.

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Alassane Ouattara-Les actions qu’il a posées pour la réconciliation

Depuis son arrivée au pouvoir, Alassane Ouattara n’a posé à ce jour aucune action pour resouder le tissu social fortement dégradé. Il n’a fait aucune concession. Ses différentes actions, et ce, en neuf ans de pouvoir, n’ont été que de museler et enfermer adversaires politiques et toute personne qui ose critiquer sa gestion clanique. S’appuyant sur une justice aux ordres, l’on n’a droit qu’à des simulacres de procès où les peines sont connues d’avance. En dépit d’un troisième mandat anticonstitutionnel qu’il a brigué, Alassane Ouattara ne consent à ce jour, à faire aucune concession. Bien malin celui qui pourra décoder l’énigme Ouattara. Il fait du surplace. Il emprisonne, et lorsqu’il fait libérer, il veut que l’on l’applaudisse. Il prive un ancien chef d’Etat de droits élémentaires ( la possession d’un passeport), et lorsque cela est rétabli, ses partisans veulent qu’on lui dresse une motion de remerciements. Pour Alassane Ouattara, ce qui compte, ce n’est pas la cohésion sociale. Les Ivoiriens peuvent se faire décapiter à Dabou, Mbatto, Daoukro. Sa seule obsession, c’est le pouvoir, l’argent, les affaires. La vie humaine n’a aucune importance. Alors que l’on est en face d’un président inflexible, ses partisans ne parlent que de paix de bout des lèvres, sans en créer les conditions. Pourvu qu’ils continuent de s’offrir tous les marchés publics et à bomber le torse. Rien de nouveau sous le soleil. Juste un rappel des faits pour dire qu’Alassane Ouattara n’a jamais fait de concessions pour donner une chance à la réconciliation nationale. En neuf ans de pouvoir, la fracture sociale est plus que béante. La preuve, Laurent Gbagbo en véritable historien ne parlait-il pas de catastrophe au cas où Ouattara s’obstinait dans sa logique forcenée du pouvoir. Gageons que la Côte d’Ivoire, jadis havre de paix ne sombre pas, malgré un président qui n’est prêt à rien céder, et ne veut que tout pour lui. Faisant la pluie et le beau temps.