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Son silence depuis le décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly était devenu pesant pour les uns. Signe de culpabilité pour d’autres. Si bien que son intervention publique, ce samedi 25 juillet, a libéré comme un vent de décrispation au sein du parti cher à Alassane Ouattara. Dans la matinée de ce week-end en effet, Hamed Bakayoko a enfin donné publiquement de la voix, huit jours après l’inhumation du défunt premier ministre et candidat déclaré du RHDP. Annoncé la veille, c’est avec un peu plus de deux heures de retard que Hamed Bakayoko est arrivé au siège annexe du RHDP, à la Rue Lepic à Cocody dans la matinée du samedi 26 juillet. A la tête d’une délégation de cadres et élus du district du Woroba (Nord-ouest ivoirien), le numéro deux du gouvernement ivoirien s’est exprimé au nom de ces élus et des militants RHDP de la région. « Nous, population du Woroba, demandons avec insistance au président Alassane Ouattara d’accepter de se porter candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2020. », a-t-il lu dans une déclaration courte et concise. Pour Hamed Bakayoko, la candidature du président sortant, président du RHDP est « un cas de force majeure » : « Pour notre parti, le plus important, la priorité au-delà de tout, c’est d’abord de maintenir la stabilité. Et c’est lui le garant. Et après il pourra se préparer à la transmission de ce pouvoir à une nouvelle génération dans des conditions idoines », a-t-il détaillé. Avec cette sortie d’Hamed Bakayoko, plus aucun doute donc qu’Alassane Ouattara annoncera sa candidature les semaines à venir. Même si entre temps, des sources introduites sous-tendent qu’Alassane Ouattara n’écoutera pas les appels des membres de son parti et demandera plutôt un report des élections pour préparer un autre candidat pour le RHDP.

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Hamed Bakayoko aurait agi sous la pression des cadres du Woroba

De fait, dans les coulisses de la Rue Lepic, il se murmure que la réunion des cadres du Woroba qui a abouti à cette déclaration était un impératif auquel Hamed Bakayoko ne pouvait se dérober. En effet, après des régions, des chefs traditionnels, des cadres et les parlementaires RHDP qui se sont prononcés, mercredi dernier, les cadres et élus RHDP du Woroba ont estimé que cela ferait tâche qu’ils restent en marge du festival des « appels à la continuité » qui bat son plein au sein du parti. Pour le Ministre de la défense au centre d’allégations et soupçons en tous genres depuis plusieurs semaines, l’occasion ne pouvait pas tomber mieux pour clouer le bec aux mauvaises langues. Et faire baisser un peu la tension au sein des clans du parti. En tout cas, c’est le message fort que les cadres du Woroba ont tenté de passer à celui qui est considéré comme le plus haut cadre de leur région, N° 2 du gouvernement. De plus, le timing était d’autant plus important qu’un bureau politique du RHDP se réunira le mercredi 29 prochain en présence d’Alassane Ouattara. Résultat, bien avant la déclaration de ce samedi matin, le ministre de la Défense, convaincu par ses pairs, avait déjà donné le ton. La veille, sur son compte Twitter, il se désolidarisait d’une pétition en faveur de sa candidature mise en ligne sur les réseaux sociaux par le mouvement Action 2020, pourtant connu très proche du maire d’Abobo. « […] Pourquoi pas Hambak ? Notre parti le RHDP se trouve dans une période de grande incertitude après le décès de notre candidat, le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, le 08 juillet 2020. Le 05 mars 2020, lors d’une adresse à la nation, le Président Alassane Ouattara a déclaré qu’il ne serait pas candidat tout en prenant le soin de préciser qu’il laisserait la place à la nouvelle génération », peut-on lire sur le site ‘’petition-hambak2020.com’’. « Attention aux fakes news et fausses pétitions qui circulent », a réagi le ministre sur sa page officielle quelques instants après. Même si certains membres du clan anti-Hambak continuent d’émettre des réserves quant à la sincérité de la cérémonie, la déclaration de ce samedi, à 72 heures du Bureau politique du mercredi prochain, aura le mérite de remettre les militants en rang serré. Et détendre quelque peu l’atmosphère de cette rencontre qui s’annonce déjà comme celle des grandes décisions.