• Save

Depuis son incursion dans la sphère politique Ivoirienne en 1990, Alassane Ouattara a tenu une seule promesse. Et non, des moindres. Ce n’est pas une exclusivité du genre. C’est un fait et un constat tangible, du fait de l’évolution de l’actualité en Côte d’Ivoire. En 1990, le pays de Félix Houphouët Boigny est en crise. Dans la panoplie d’intellectuels formés aux frais de l’Etat Ivoirien depuis les années 1900, au moment où Alassane Ouattara bénéficiait d’une bourse d’études du Burkina Faso ; aucun, de ses illustres cadres formés donc, ne pouvait répondre à l’appel du pays. C’est un grand inconnu, en tout cas, de l’opinion publique Ivoirienne, que Félix Houphouët Boigny fait débarquer en 1990, certainement, sous la pression des institutions de Bretton Woods.

Lire aussi : Côte d’Ivoire-Marches éclatées de la société civile-Le pays en ébullition à partir de ce jeudi 13 août-Alassane Ouattara entre colère sociale et grogne au sein de l’armée

Par ailleurs, le premier président Ivoirien aura du mal à convaincre sur les origines et le parcours de celui qu’il imposa à la Côte d’Ivoire. Laissant plutôt entendre que “l’opposition veut faire croire que c’est un étranger”. Mais là, n’est pas le débat. Nommé premier ministre, Alassane Ouattara engage un véritable plan de mise sous tutelle de la Côte d’Ivoire. On assiste à la privatisation des sociétés d’Etat. Jusque-là, nous en sommes très loin de la promesse d’Alassane Ouattara. L’esthète gestionnaire et agent du FMI, après ses prouesses économiques va commencer à mettre en place des mesures drastiques sur le plan politique. La loi anti casses vit alors le jour en 1992. Une sorte de blanc seing pour museler l’expression de la démocratie. La violence et la répression faisaient leur entrée dans une Côte d’Ivoire, jusque-là, paisible où le dialogue était le maître-mot. La paix, seconde religion, s’éclipse au profit de l’emprisonnement devenu réponse à toute question d’ordre sociétal. Toute revendication est systématiquement réprimée. Alassane Ouattara met ainsi en place les germes de sa belle promesse tenue jusqu’à ce jour.

Lire aussi : Côte d’Ivoire-Marches annoncées-Alassane Ouattara va-t-il lâcher sous la pression ?-La CEDEAO et la CADHP en embuscade

En 1993, à la mort de Félix Houphouët Boigny, alors que la constitution avait tout planifié, l’homme qui a pris goût, entre temps à la chose politique se rêve d’un destin présidentiel. Il est pressé, et veut aller donc très vite. Et veut tordre le cou à la loi fondamentale. Il a recours à la violence, l’instrumentalisation commence alors. Pour répondre à de simples questions d’éthique, alors que sa candidature est rejetée en 1995, il répond par la violence avec cette phrase maléfique mûrement réfléchie, qui, hélas, reste jusqu’à ce jour, la seule promesse à laquelle il est resté fidèle. Et qui, même des années après son départ risque de subsister.

Alassane Ouattara : “Je rendrai ce pays ingouvernable…”

  • Save

Depuis qu’il a prononcé cette phrase inique, il est resté dans sa logique. Barré à la Une du quotidien “Le Patriote”, Alassane Ouattara lâche : “Je vais rendre ce pays ingouvernable”. Pas besoin de revenir sur la suite des événements. Tout s’est passé comme il l’a voulu. En 1999, “le pouvoir moribond” d’Henri Konan Bédié tombe. C’est le début de la chienlit. Des militaires au pouvoir, une grande première pour ce havre de paix, qui de loin, observait les coups d’Etat légions, partout en Afrique. Une transition militaire avec l’absence d’un état de droit. Les escadrons de la mort, les milices sévissent. En 2000, Laurent Gbagbo hérite d’un pays pratiquement ingouvernable. Alors que le peuple dans sa grande majorité aura choisi et défié l’armée pour installer le président du Front Populaire Ivoirien au pouvoir, les Ivoiriens font connaissance avec un lexical nouveau, “le charnier”.

Lire aussi : Côte d’Ivoire-Officiel-Hamed Bakayoko nommé enfin Premier Ministre-Ce que cette nomination implique

Assis sur des braises, la gouvernance de Laurent Gbagbo ne sera alors pas de tout repos. Complot de la “Mercedes noire” en Janvier 2001. Et ce fameux 19 septembre 2002 qui sanctuarise la promesse d’Alassane Ouattara. Un pays divisé en deux. Épilogue d’un pays rendu désormais ingouvernable, le palais présidentiel bombardé le 11 avril 2011. Après 9 ans de règne paisible, alors qu’il peut partir en toute tranquillité, Alassane Ouattara veut continuer à perpétuer la tradition, et surtout rester fidèle à sa promesse. Foulant au pied la loi fondamentale du pays, il veut parachever de rendre la Côte d’Ivoire ingouvernable…Et ce, jusqu’à quand, peut-on se demander.