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Ce jeudi 5 mars, devant les deux chambres du congrès ivoirien ( le Sénat et l’Assemblée nationale), Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, conformément à la constitution Ivoirienne, a renoncé à briguer un troisième mandat. Une décision saluée, dans l’ensemble par la classe politique ivoirienne. Qualifiée “d’acte historique”, cette décision présage de ce que pour la toute première fois en Côte d’Ivoire, un président en exercice, ait renoncé à rempiler pour un autre suffrage. L’élection présidentielle du 31 octobre 2020, se tiendra donc sans Alassane Ouattara comme candidat. Mais à y voir de près, et avec un peu de recul, l’on est à même de se poser des questions au delà de la légitimité de l’action, puisqu’imposée par la constitution. Pourquoi à neuf mois des élections présidentielles, Alassane Ouattara rend-t-il officielle, la décision de ne pas se présenter alors que jusque-là, ce ne sont ni les signes, encore moins, les velléités de sa part, qui ne manquaient ? Il y’a quelques mois, il avançait que sa candidature dépendrait de celles de Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. Pour le président du PDCI RDA, si l’on s’en tient aux confidences de Guillaume Soro, ce dernier serait candidat. Alors que le sort de Laurent Gbagbo se joue toujours à la CPI, donc pas de candidature ou non annoncée, Alassane Ouattara décide de faire abstraction de ces conditions et déclare qu’il n’est pas candidat. Au mois de février, devant les militants de son parti, le RHDP, Alassane Ouattara qui voulait la victoire au premier tour était presque déjà en campagne. Alors face à tous ces entre-faits, l’on est en droit de se demander si le président ivoirien n’a-t-il pas cédé sous la pression d’Emmanuel Macron ?. Son adversaire déclaré depuis quelques mois, Guillaume Soro, qui jouit d’un paisible exil en France, lui, promet une adresse à la nation ce samedi 7 Mars. Ce sera certainement l’occasion pour lui d’éclairer sur bien de questions que l’on se pose.

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Alassane Ouattara, pas candidat pour les élections d’octobre 2020- Relations France Afrique, quelque chose a changé sous Emmanuel Macron

Dans le cas de la résolution de la crise politique au Cameroun, Emmanuel Macron lâchait sans sourciller, avoir mis la pression à Paul Biya. Actupeople s’interrogeait alors : “Emmanuel Macron va-t-il mettre la pression sur Alassane Ouattara ?”. Avec ladite “décision historique” d’Alassane Ouattara, tout porte à le croire. En décidant de ne pas se présenter pour un troisième mandat, Alassane Ouattara n’a fait que respecter la constitution ivoirienne. Et surtout laisser le débat ouvert à une “nouvelle génération”, vœu cher à la France, qui veut voir s’opérer un relais générationnel à la tête des Etats africains. Ce qui va bien entendu augurer d’une ère nouvelle dans les rapports entre la France et ses bases arrières. A voir la célérité avec laquelle Emmanuel Macron a salué la décision d’Alassane Ouattara, il ne doit pas y être étranger : “Je salue la décision historique du président Alassane Ouattara, homme de parole et homme d’Etat, de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. Ce soir, la Côte d’Ivoire donne l’exemple…”. Avec Emmanuel Macron, disons-le tout net, les méthodes dans les rapports France-Afrique ont changé. Pas de coups d’Etats, une écoute de la volonté du peuple, une subtile pression faite de négociations. La volonté du peuple ivoirien, c’était ça. Ne pas voir Alassane Ouattara briguer un troisième mandat, et ce, au grand désarroi des caciques de son parti, qui pince sans rire, ont été mis devant le fait accompli hier.