La crise sanitaire mondiale à coronavirus ( le Covid-19) fait peser la menace d’une pénurie de préservatifs dans le monde. Voici notre tour d’horizon à travers ce dossier pour ce qui concerne la Côte d’Ivoire, et bien plus particulièrement la ville d’Abidjan…Les préservatifs ne figurent pas sur la liste des “produits de première nécessité”. Mais, comme pour beaucoup de produits depuis le début du confinement, la question d’une pénurie de préservatifs, dispositif médical par excellence, trouble les nuits des plus hautes autorités de la santé mondiale. De fait, après la question des livraisons, qui sont au ralenti depuis quelques semaines, aujourd’hui, se pose la question des fournisseurs. La semaine dernière, selon l’AFP, le plus grand fabricant de préservatifs au monde, Karex, a tiré la sonnette d’alarme.

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Préservatifs-Un arrêt de la fabrication

L’entreprise malaisienne qui a commencé comme une entreprise familiale, avec une capacité de fabrication de seulement 60 millions de préservatifs par an, est aujourd’hui, à une production d’environ 5 milliards de préservatifs par an. Soit 20% de la production mondiale de préservatifs. Mais, le 18 mars dernier, dans sa lutte contre la propagation du Coronavirus, le gouvernement malaisien avait demandé l’arrêt des activités. Karex avait alors arrêté toutes ses machines dans ses trois usines malaisiennes. Le pays étant le premier producteur de caoutchouc au monde, c’est toute l’industrie qui s’est retrouvée ainsi paralysée.

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200 millions de préservatifs n’ont donc pu être fabriqués. Certes, depuis quelques jours, les activités et la production ont repris. Mais après un arrêt de presque deux semaines de Karex et une reprise avec seulement 50% de ses effectifs, «le monde connaîtra certainement une pénurie de préservatifs». C’est du moins ce qu’a confié à l’AFP Goh Miah Kiat, directeur de Karex. Qui explique que « 200 millions de préservatifs n’ont pas pu être fabriqués ». Faut-il le souligner, Karex produit également des préservatifs pour les programmes d’aide et de prévention contre le VIH de l’ONU. D’ailleurs, l’Organisation avait alerté qu’avec la diminution de la production et la fermeture des frontières par les différents pays, des difficultés de production et d’approvisionnement allaient émerger. A cet effet, un porte-parole informe que l’ONU n’assurera que “50 à 60 % de ses livraisons habituelles de préservatifs à cause des perturbations liées au virus”.

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Les Abidjanais n’ont pas à s’inquiéter de la pénurie de préservatifs en ces temps de couvre-feu

Couvre-feu- Pénurie de préservatifs-Quel impact sur la ville d’Abidjan ?

Mercredi 15 avril, les mesures de restrictions instaurées à Abidjan pour contrer la propagation du Coronavirus depuis la mi-mars, ont été prorogées jusqu’au 30 avril prochain. Jusqu’à cette date, les Abidjanais continueront de vivre sous état d’urgence, avec le couvre-feu, le confinement de la capitale économique ivoirienne. Et surtout la fermeture des commerces considérés comme “non-essentiels”. Notamment les bars, restaurants, boites de nuits, maquis et autres bistrots, points de ralliement par excellence des abidjanais. Restent ouverts les marchés, les supermarchés et établissements médicaux et les paramédicaux. Pour les responsables de pharmacies à Koumassi, Marcory et Yopougon, l’approvisionnement en stocks de préservatifs n’est plus à l’ordre du jour depuis le déclenchement de la crise du Covid-19. “Et même si on le voulait, avec la fermeture des frontières et des aéroports, vous comprenez que ce n’est pas possible”, rappelle Dr Karim C. Quant à la question d’une probable pénurie, voici ce qu’il dit : “Peut-être que cela viendra après, mais pour l’instant, vu le stock qu’on a, on ne peut même pas parler de forte demande, à plus forte raison de pénurie”, rassure Mlle Kassy, vendeuse dans une pharmacie à Marcory.

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“Si on part du principe même du confinement selon lequel les gens restent chez eux, dans leur foyer avec leur femme ou leur mari, comprenez qu’ils n’utiliseront pas de préservatifs…”, relève Dr Nguessan, responsable d’une pharmacie à Cocody. De la Pharmacie de Koumassi à la Pharmacie Siporex (Yopougon), en passant par l’Amitié (Marcory), les Deux Plateaux à Cocody-Riviera 2, Notre Dame à Treichville… l’évidence est là : les ventes de préservatifs ne sont pas en progression. Bien au contraire. La fermeture des nombreux bars d’Abidjan et le couvre-feu ont littéralement mis à l’arrêt l’activité des travailleuses (du sexe) des bords de la lagune ébrié. Ce facteur explique aussi la stagnation, voire la baisse des ventes de la capote. Dans tous les cas, dans les hautes sphères de la santé mondiale, l’on rappelle que la prégnance du Covid-19 ne devrait pas faire oublier l’autre pandémie qu’est le VIH-SIDA. Et pour ceux qui les utiliseraient encore, l’on rappelle que les préservatifs ne sont pas des masques de protection contre le Covid-19 !